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Embrasser
et embraser le monde
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Les célébrations du 50e anniversaire
d'Amma
reportage d'Evelyne Chevillat
paru dans 'Terre du Ciel' de novembre, avec AMMA en couverture. |
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Du
24 au 27 septembre 2003 eurent lieu dans la ville de Kochi (Inde du sud)
les célébrations du 50e anniversaire de Mata Amritanandamayi,
connue sous le nom de Amma, sage de l'Inde, ambassadrice de paix à
travers le monde entier, une " activiste spirituelle " dira
un jeune garçon en riant.
Prenant prétexte de cet anniversaire dont elle ne se souciait pas,
Amma créa un rassemblement unique autour du thème : Etreindre
le monde - Pour la Paix et l'Harmonie.
Cette assemblée de centaines de milliers de personnes, venues
des quatre coins du monde (194 pays présents) - religieux et spirituels,
hommes d'affaires et politiciens, acteurs et musiciens, penseurs, hommes
et femmes de simple condition - avec la même soif de voir briller
la lumière de la paix dans une période très sombre
de l'humanité, est certainement un phare qui éclaire l'avenir.
Ce qui a été dit est important, ce qui a été
vu est important. Mais plus que tout, c'est cette subtile vibration d'amour
de tous ces curs réunis, inspirés par la présence
d'Amma, qui a fait la force de cet événement, l'humanité
et la paix ne pouvant se tenir ensemble que par la main de l'Amour.
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Ces quatre jours de célébrations se sont déroulés
à la fois dans le stade de Kochi et dans un grand hall monté
à cette occasion à côté du stade.
Tout autour du stade étaient disposées des tentes d'information
sur toutes les réalisations sociales développées
par Amma, plusieurs librairies, des magasins vendant boissons et nourriture,
des lieux d'accueil, de grands espaces pour les cuisines et les réfectoires
Une
tente abritait une exposition de peintures : " Les couleurs de la
compassion "
Un Yagna Mandapa - espace couvert servant de temple - avait été
installé pour tous les rituels religieux des différentes
traditions présentes.
Un grand village, grouillant de vie, de couleurs avait comme surgi soudainement
autour du stade.
Les journées débutaient avant le lever du soleil. Déjà,
à 5 h du matin plusieurs milliers de personnes commençaient
le programme de 1 h 30 de méditation et de yoga ; puis un programme
culturel - chant, musique ou danse de toutes contrées - prenait
le relais, assuré par des artistes de grand renom tels que le flûtiste
Hari Prasad Chaurasia ou le violoniste Subramanian.
 Chaque
matinée était ensuite consacrée à des rencontres
sur le thème central : " Étreindre le monde - Pour
la Paix et l'harmonie ", abordé sous différents angles
:
- La première matinée, ce thème fut exploré
à travers les religions - une rencontre interreligieuse rassemblant
des représentants de nombreux courants religieux.
- La deuxième matinée fut consacrée au " principe
féminin ". Des femmes de toutes nationalités, fortement
impliquées dans tous les domaines de la vie, vinrent partager
leur vision d'un monde de Paix et d'Harmonie - " au féminin
".
- Pour la troisième matinée, ce thème fut exploré
par la " jeune génération " qui, à travers
de nombreux partages, exprima sa demande spirituelle face à une
société très matérialiste.
L'après-midi
se passait dans le stade - c'est là qu'Amma donnait un discours,
précédé d'allocutions d'hommes politiques ou d'éminents
personnages de toutes cultures. Puis la scène officielle prenait
une autre allure : Amma quittait son siège et venait s'asseoir
sur une petite estrade posée sur le sol ; un swami apportait un
harmonium, les joueurs de tabla se mettaient en place tandis que des enfants
s'installaient autour d'Amma.
Commençait
alors un moment délicieux de bhajans - chants dévotionnels.
Puis un temps était donné aux programmes de musique, chant
et danse et le darshan (moment où les personnes viennent saluer
Amma et recevoir sa bénédiction) se mettait en place, commençant
parfois vers 23 h pour se terminer aux premières heures du jour
suivant.
La dernière journée se passa entièrement dans le
stade, avec un discours d'Amma, suivi d'inaugurations de projets sociaux,
de remises de prix à des élèves et écrivains,
d'une célébration de 108 mariages. En début d'après-midi
commença alors un long, long darshan, la plus belle conclusion
possible à cette célébration qu'Amma a qualifié
de " festival d'Amour ".
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| Le monde est une famille |
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" Combien plus beau est un jardin avec une
grande variété de fleurs, plutôt qu'un jardin avec
une seule fleur. " La vérité se lit dans la
simplicité et Amma illustre souvent les points importants qu'elle
veut que l'on intègre par des images simples. Tout au long de ces
quatre jours de célébration, ce n'est pas seulement en mots
qu'elle nous a fait sentir qu'avec toute sa diversité de pétales,
le monde est une famille, mais en nous faisant côtoyer au quotidien
dans la joie et l'harmonie des centaines de milliers de personnes de 194
pays différents.
Des milliers de volontaires indiens, venant des quatre coins de l'Inde
- certains ayant voyagé des journées entières - sont
venus spontanément aider, et dans les gigantesques cuisines improvisées,
derrière les énormes bassines fumantes, on aperçoit
côte à côte visages occidentaux, indiens, asiatiques
Il en est de même dans tous les secteurs.
Sur
la scène se succèdent les cultures, les traditions, les
langues, les rangs sociaux différents, chacun profondément
respectueux de la culture de l'autre, et de la présence de l'autre.
Amma
dira : " Mes enfants, rappelez-vous toujours
que votre vraie famille est le monde entier, la famille de l'être
humain. Si, par exemple, vous vous blessez la main gauche, votre main
droite viendra spontanément la secourir. Parce que vos deux mains
appartiennent à votre corps, vous sentez que vous êtes un
avec vos deux mains. C'est avec ce même esprit d'unité que
vous devez aimer et servir vos frères et surs dans ce monde.
"
Un après midi, 194 drapeaux de pays différents flottent
dans le stade baigné de soleil ; un embrasement de couleurs, de
joie et d'émotion. Chaque pays, tels que Bosnie, Vietnam, Cuba,
Sénégal, France, Autriche, Bulgarie, Iraq, Russie, Niger,
Philippines, Corée, Égypte, Équateur
apporte
en procession de l'eau de ses rivières ou fleuves et la verse dans
un grand récipient posé dans le stade. Pour chaque pays,
une personne porte le drapeau, une l'eau et une autre un plateau avec
une flamme, représentant cette lumière d'amour que nous
portons dans nos curs. Toutes les eaux se mêlent pendant qu'est
chanté le mantra : Lokaah
Samastaah Sukhino Bhavantu (Que tous les êtres de tous les mondes
soient heureux). C'est un instant magique car cette image d'unité
qui imprégnait les curs devient aussi visible aux yeux. Les
drapeaux s'agitent joyeusement et passent de main en main ; une jeune
Indienne se réjouit de tenir celui de l'Espagne, une autre celui
du Pérou, une Française celui de la Bosnie
Les frontières
éclatent ; cela me rappelle la réflexion d'un astronaute
confiant qu'au fur et à mesure que la fusée s'éloignait
de la terre, au début il pointait son pays, puis son continent
et ensuite il ne pensait plus qu'à la Terre dans son unité.
Après le discours présidentiel, un grand vase contenant
toutes les eaux réunies est présenté à Amma.
Amma le bénit, et invite le Président de l'Inde et le Premier
ministre du Kerala à se joindre à elle pour arroser de cette
eau un plant de banian (arbre traditionnel en Inde), représentant
le légendaire " Kalpatharu Vriksham ", l'arbre à
souhaits.
Cet arbre béni sera ensuite planté dans un centre de méditation
d'Amma. Plus tard, 100 000 plants de banian seront offerts à des
représentants de toutes les nations.
Lokaah
Samastaah Sukhino Bhavantu - Pendant une minute, en se donnant la
main, les centaines de milliers de personnes présentes, chantent
ce mantra. Je me retourne un instant pour voir tous ces visages lumineux,
absorbés dans cette prière ; sur beaucoup d'entre eux coulent
des larmes.
Amma dira aussi : " Si un seul des pétales
de la fleur est abîmé, alors toute la fleur perd sa beauté
", pointant à travers cette image la responsabilité
que nous avons chacun à maintenir sains tous les pétales.
" N'est-ce pas le devoir de chacun de protéger
et préserver la beauté et le parfum de cette fleur qu'est
l'humanité. Notre monde est une grande et merveilleuse fleur avec
de nombreux pétales. C'est seulement quand cette notion sera comprise
et enracinée en nous, qu'il y aura alors une vraie paix et une
vraie unité. "
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| D'où viendra ce monde de paix et d'harmonie
? |
"
Aucun gouvernement, aucune armée ne peut établir la paix.
Cela n'est possible qu'à travers de grandes âmes qui, seules,
peuvent transformer les êtres humains. "
H. H. Shankaracharya Swami Raghaveshwara Bharah
(Mahaswami of Sri Ramachandrapura Math à Hosanagar) synthétise
bien dans cette phrase la tonalité de la première matinée
sur le thème : " Les religions embrassant Paix et Harmonie ".
de replacer la spiritualité au cur
de l'individu et de la vie publique
" La raison du terrorisme, dira Amma, est
la haine dans l'esprit de l'individu. " On ne lutte pas contre
la haine par la guerre, mais par l'amour, par la justice, par la générosité.
C'est de cela que le monde a besoin et c'est pour cela que le monde a
besoin de spiritualité. Il a besoin d'apprendre à cultiver
l'amour, à réduire les égoïsmes et l'avidité.
Le monde a besoin d'amour et la spiritualité est l'école
de l'amour.
" Plus que tout, c'est la pollution dans
l'esprit, dira aussi H. H. Shankaracharya, qui tue l'humanité.
"
Amma dira aussi : " Les "ennemis"
viennent de plus en plus près. Dans les temps anciens, il y avait
des guerres entre les asuras et les devas, mais ils vivaient dans des
mondes séparés. Du temps de Rama, l'ennemi s'est rapproché
et vivait sur l'île voisine - allusion à Ravana sur son île
; puis du temps de Krishna, l'ennemi se trouvait dans la même famille
; maintenant l'ennemi est beaucoup plus près de nous puisqu'il
se trouve en nous. C'est seulement en étant victorieux de nos ennemis
intérieurs que nous aurons la vraie victoire. "
En
écho à cela, l'archevêque de Trivandrum, Cyril
Mar Baselios, insistera sur le fait que c'est d'abord à
l'intérieur de nous que les changements doivent se faire, et que
nous devons cultiver les valeurs de vérité, justice, amour
et liberté, quatre piliers fondamentaux sur lesquels repose le
fondement de la paix.
Rabbin
Leah Novick parlera de la " peur que
nous avons à accueillir l'étranger à notre propre
table ". Comme pour illustrer ce point elle partagera comment
il y a quelques années, alors qu'elle travaillait au sein du mouvement
du renouveau juif, elle avait écrit à d'autres grandes personnalités
telles que le Dalaï Lama, Amma, etc. pour leur demander de prier
avec eux pour la paix dans le monde. Lorsqu'elle reçut dernièrement
l'invitation d'Amma de venir participer à ces 4 jours, elle comprit
que c'était non seulement une réponse à sa prière,
mais comme une acceptation mutuelle entre deux grands courants spirituels.
Dans son discours d'ouverture, Swami Amritaswarupananda,
citant Amma, avait déclaré : "
L'intellect crée la différence et le conflit, il coupe comme
une paire de ciseaux, tandis que le cur unifie, et recoud ensemble
les morceaux éparpillés. "
C'est ce qui est visible à travers l'exemple de Rabbin
Leah Novick.
L'accent est donc mis sur l'effort que doit faire l'individu pour être
en contact, enraciné dans les valeurs de cur que développe
tout chemin spirituel. Le vice-premier ministre dira : "
Seule la spiritualité élève notre société.
" De la même manière on peut dire que seule la
spiritualité place l'homme dans cette dimension d'amour où
il devient possible de vivre comme membres d'une même famille.
de la responsabilité que doivent prendre
toutes les organisations religieuses pour promouvoir les valeurs de tolérance
et de respect envers tout individu et pour éveiller chacun à
la spiritualité.
Respect
et tolérance sont les mots qui reviennent de nombreuses fois sur
les lèvres des différents représentants mais c'est
avec le Dr Saleha Mahmod Abedin, sociologue musulmane
qu'ils s'adressent directement aux dignitaires spirituels.
" Nous devons arriver à vivre ensemble,
et si ce ne sont pas les chefs religieux qui nous montrent le chemin,
que pouvons-nous faire ? "
" Les chefs religieux doivent être plus actifs sur la scène
politique mondiale, et ne doivent pas se montrer seulement lors de festivités."
" Ce dont nous avons besoin, c'est que les chefs religieux éduquent
leurs fidèles et leur fassent comprendre les fondements de chaque
religion."
A l'ouverture de cette session, une cérémonie eut lieu,
donnant une image symbole de cet esprit de tolérance et d'unité.
Chaque représentant des différentes traditions est venu
allumer une mèche placée autour d'une flamme centrale, les
différentes mèches représentant les diverses approches
religieuses et la mèche centrale, l'unité dans toutes les
religions.
Le vice-premier ministre dira : "
Le but de toutes les religions est de faire des hommes et des femmes de
meilleurs êtres humains. Nous acceptons toutes les religions comme
vraies ". Puis citant Gandhi : "
Dans l'hindouisme il y a suffisamment de place pour Jésus, Mohammed,
Moïse et Bouddha, aux côtés de Shiva et de Rama. "
Mais ce qu'il faut c'est un approfondissement intérieur du message.
Comme le dit Amma : " Les religions doivent
éveiller à la spiritualité. "
Le monde a besoin d'amour : " S'il n'y a pas
davantage d'amour, le monde s'éteindra. Si vous pouvez révéler,
exprimer tout l'amour qui est en vous, le monde sera sauvé. Il
faut une renaissance de la spiritualité. La spiritualité
sauvera le monde des tendances négatives d'aujourd'hui. "
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| Vie politique et vie spirituelle |
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Pendant
ces quatre jours défilent sur la scène, prononçant
des discours, toute une galaxie d'hommes politiques allant du Président
de l'Inde, au vice-président, aux ministres et vice-ministres,
députés, etc. Toutes leurs interventions commençaient
par : " J'offre mes respects à Amma
" Le politique
venant à la rencontre du spirituel et s'inclinant devant lui. Ce
qui est habituel à l'Inde. Mais nos curs occidentaux se réjouissent
de ces couronnes de fleurs qui glissent sur le cou d'Amma, posées
par des mains ministérielles, voire présidentielles. Comme
le dira Advani, vice-premier ministre :
" Nous croyons en Inde que l'agriculture
et la connaissance sont importantes. Mais nous croyons aussi que la force
spirituelle est au-dessus de tout. "
Alain
Ganoo, ministre de l'Île Maurice, ira plus loin :
" La politisation de la spiritualité
doit finir et un nouvel ordre mondial doit s'établir dans lequel
les politiciens sont guidés par des maîtres spirituels. "
" Nous devons arrêter la politisation
de la spiritualité. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une spiritualisation
de la politique. "
" La synergie entre la politique et la spiritualité
doit devenir une priorité. "
Le vice-président de l'Inde : "
Le progrès matériel doit être associé avec
un éveil spirituel. "
Que véhicule le spirituel qui manque aux politiques ?
Un des ministres l'explique :
" Quand je compare ce que fait Amma à
travers ses institutions, ses universités, ses hôpitaux,
à notre propre travail, je pense que nous ne faisons pas aussi
bien... J'ai vu de grands sages et ashrams subvenir de manière
conséquente aux pauvres de ce pays. Ce qu'ils font est miraculeux.
Le gouvernement n'est pas capable de faire cela. Pourquoi ?
Simplement parce que quand le leadership est dans les mains spirituelles,
les gens ont confiance. Le travail d'Amma ne cesse de grandir parce qu'il
vient d'un cur de mère. Elle n'attend rien en retour. "
Lorsqu'il prononce ces mots, je revois quelques instants auparavant Amma
arrivant seule sur scène avant tous les ministres. Elle s'avance
délicatement et regarde toute la foule avec un grand sourire de
connivence. Le sourire que peut avoir une amie avec laquelle on partage
ses rêves les plus fous. Tout son être transpire d'humilité.
Non, visiblement elle n'attend rien pour elle-même, ni gloire personnelle,
ni fortune.
Puis Amma s'agenouille et se prosterne devant la foule. Tout est dit dans
ce simple geste : Servir. Non pas se servir comme le font tant de politiciens
- et comme nous le faisons nous aussi - mais Servir.
Tout être spirituel inspire le meilleur en nous, révèle
entre autre les qualités de cur que l'on a oubliées
; dans leur vision détachée des fruits de l'action leur
analyse des faits est juste. L'Inde a toujours reconnu la valeur de tels
êtres et les miniatures représentent souvent un roi ou maharadjah
avec tout son équipage venant demander conseil à un ermite
au fin fond de sa forêt. Le ministre Alain Ganoo,
parlera de ses rencontres avec Amma comme " des actes de purification
et d'un plongeon dans un océan d'amour. "
C'est sans doute ce qu'ont pu ressentir les membres de la délégation
d'Ayodhya - lieu " chaud " en Inde actuellement où hindous
et musulmans s'affrontent avec violence - venue voir Amma pendant ces
célébrations pour lui demander conseil et aide. De même
les femmes du Pakistan et de l'Inde venues se rencontrer pour essayer
de travailler ensemble.
Deena
Merriam prendra la parole pour inviter Amma à venir marcher
dans les rues de Jérusalem et répandre de l'amour dans les
curs blessés des Palestiniennes et des Israéliennes.
Un journal indien a écrit que le Président de l'Inde a donné
dix mois de son salaire présidentiel pour aider à la construction
de maisons pour les pauvres dans le cadre des uvres d'Amma.
Autant d'exemples qui montrent comment des actions de cur - privées,
sociales ou politiques - peuvent germer spontanément, inspirées
par une présence qui incarne les qualités d'amour, de compassion
et de service.
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| Le rôle des femmes |
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Yolanda
King, fille de Martin Luther King, directrice d'une organisation
pour la non-violence, est la première à s'avancer sur scène.
D'emblée son discours est énergique et plein de vie. "
Nous sommes tous participants dans la création du monde, que nous
soyons passifs en acceptant ce qui est ou que l'on choisisse de participer
à la création d'un monde meilleur. Nous avons deux choix.
"
Je sens que tout le monde se pose intérieurement la question :
comment, moi, je prends part à ce monde ? Yolanda s'enflamme en
montrant l'exemple d'Amma : " Amma elle-même
est le changement qu'elle souhaite pour le monde et elle inspire le meilleur
de nous-même. "
" Nous devons utiliser nos talents, notre persévérance,
nos ressources et notre vision unique pour paver le chemin d'un monde
meilleur. "
L'amour : essence de la femme
Yolanda King développe ce point : "
Nous sommes un puits d'amour et nous sommes les réceptacles sacrés
d'un monde d'amour. Nous devons reprendre confiance dans ce don phénoménal
que nous avons.
Il faut que les femmes avancent dans la vie comme des femmes et non comme
une imitation des hommes. "
Ce dernier point sera repris par plusieurs des intervenantes, notamment
Salheha Mahmood Abedin, sociologue musulmane
: " Nous avons besoin de femmes qui expriment
de nouveau cet amour dans leur foyer, dans l'attention qu'elles donnent
à leurs enfants, et non seulement dans le monde du travail. "
Il doit y avoir entre la femme et l'homme un principe de complémentarité
et non de compétition.
Amma reprendra ce thème dans son discours, l'illustrant par une
histoire. Celle d'une femme qui s'implique dans le travail pour assurer
un niveau de vie à sa famille, et qui rentre à la maison
quand sa petite fille dort et repart le matin alors que sa fille dort
encore. Comme pour s'excuser de son absence, elle prend l'habitude d'acheter
chaque jour un jouet à sa fille et de le déposer près
d'elle dans son lit. Un soir, de retour chez elle, elle aperçoit
sur la table un mot de sa fille :
" Maman, je ne veux plus de jouet. Le temps que tu passes au travail
pour m'acheter ces jouets, je veux maintenant que tu le passes avec moi."
La femme a un rôle d'éducation envers ses enfants, et si
cette courroie se casse, les fondations pour un monde meilleur s'effondrent.
" L'enfant avant 5 ans, dit Amma, a besoin
de beaucoup d'amour pour développer des qualités de cur
et d'esprit clair. "
" Nous sommes toujours prêts à proclamer nos droits,
dit Amma, mais nous oublions notre réelle destinée. Les
femmes sont la fondation de la société, elles ne peuvent
oublier leur responsabilité envers leurs familles. "
"
Là où les femmes sont vénérées, Dieu
vit. "
C'est Swamini Niranjananda, représentant
la Fondation de la Mission Chinmaya, qui nous rappelle cette magnifique
phrase de Manu, resituant la place de la femme dans la tradition indienne.
Deux principes sous-tendent toute la culture indienne, Shiva et Shakti
; Shiva, le Soi, et Shakti, le principe actif - la femme est associée
au concept de Shakti. Sans la Shakti, Dieu ne peut accomplir d'action.
Le pouvoir des femmes, dit-il, est donc immense. Pour se rendre visible,
Dieu a besoin de la femme. Il rappelle que du temps des Védas,
tous les enfants, garçon comme fille, étaient envoyés
dans les écoles traditionnelles - il n'y avait pas à cette
époque de discrimination entre les sexes.
Cette
réflexion faisait écho aux paroles du député
Najma Heptulah, qui avait décrit au cours
de son intervention la dégradation actuelle de l'image de la femme,
notamment en Inde où beaucoup d'avortements se font quand le bébé
est une fille. " Aucune démocratie
n'est complète, dira-t-elle, si elle ignore les femmes. Nous voulons
un système, en Inde comme dans le monde, où les gens puissent
s'asseoir ensemble et apporter la paix. "
Le
Dr Poornima Advani (Présidente, National
Commission for Women) parlera aussi de cette image actuelle de la femme,
notamment dans les publicités ou les films qui l'utilisent comme
un objet sexuel et rappellera que nous sommes sur la terre même
où le grand sage Vivekananda a dit que "
l'homme et la femme sont les deux ailes d'un oiseau ".
Reprendre confiance
Linda
Evans, actrice américaine célèbre mais aussi
militante écologique, partagera comment, alors qu'elle connaissait
la gloire, la renommée et la richesse, quelque chose lui manquait
au fond d'elle-même. Elle a commencé alors à changer
sa vie et sa façon de voir le monde. "
Cela signifie, dira-t-elle, de décider de prendre sa responsabilité
dans le monde, de décider d'arrêter de vivre avec les impressions
du passé. Commencer par soi et mettre sa maison en ordre. "
Puis elle ajoutera : "Aimez-vous dans ce
voyage, et ne jugez pas vos progrès. "
" Ce dont nous avons besoin, dira Poornima
Advani, c'est un d'enseignement spirituel
qui recentre chaque personne sur son dharma (rôle juste). "
Yolanda King exprimera la même idée,
avec d'autres mots : " Si toutes nous agissons
à partir de cet espace d'amour en nous, alors nous devenons une
incroyable force de paix. "
Deena Merriam illustrera ce point par sa propre
expérience de la création du Congrès des femmes spirituelles
et religieuses à Genève (octobre 2002). Alors que tout semblait
impossible pour réunir ces femmes et que les portes officielles
se fermaient sous prétexte que les femmes n'étaient pas
la haute priorité de l'heure, " Ils
ne savaient pas, dit Deena, que le pouvoir d'une mère peut soulever
des montagnes. " À force de détermination, elle
réussit à rassembler toutes ces femmes et à gagner
son pari. S'adressant à l'assemblée, elle dira : "
Vous êtes cette armée d'anges qui peut transformer notre
société ".
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| Une inspiration pour la jeunesse |
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Devant
la scène du stade se pressent des dizaines de milliers de jeunes
élèves de différentes écoles, des étudiants
et des jeunes de tous pays. C'est vers eux que se porte le regard du Président
de l'Inde, A.P.J. Abdul Kalam, lorsqu'il prend
la parole pour appeler cette jeunesse à faire une Inde économiquement
forte, avec une vie intégrant la spiritualité s'ils souhaitent
vivre en paix dans un pays sain.
" Si vous voulez devenir grand, vous devez
rêver, vous devez avoir un but et une mission, vous devez être
plein de curiosité. " Il demande expressément
aux jeunes de s'engager à aimer leur profession quelle qu'elle
soit, d'apprendre à lire et à écrire à au
moins dix personnes, de planter des arbres et de s'assurer de leur croissance,
d'aider des personnes à se libérer de leurs dépendances,
d'avoir la responsabilité d'aider des personnes souffrantes, de
ne soutenir aucune distinction dans les différentes communautés,
de vivre une vie honnête libre de corruption, d'être un exemple
et avoir une vie transparente, d'être un ami pour les personnes
handicapées physiquement ou mentalement, et de fêter le succès
de leur pays.
Lorsque
Hanne Strong s'adresse aux jeunes, quelques instants
après le Président, le ton est autre et veut donner un message
d'extrême urgence : " Vous êtes
nés à un moment très critique et il vous faudra mobiliser
toutes vos énergies créatrices pour restaurer la Terre-mère
que nous détruisons. Vous aurez à changer de comportement
pour assurer votre survie, telle qu'une vie plus simple et plus équilibrée.
Quel besoin avons-nous de nous entretuer ? Cette énergie-là
est à mettre ailleurs. "
Bawa
Jaïn : "Vous êtes les leaders
d'aujourd'hui et non pas du futur. Ce dont nous avons besoin en urgence
c'est qu'une renaissance spirituelle nous guide. Vous, les jeunes, soyez
les ambassadeurs de cette force spirituelle. "
Amma montra ensuite comment le type d'éducation donné à
l'heure actuelle n'était pas centré sur des niveaux élevés.
Certes, on peut recevoir une éducation pour vivre, c'est-à-dire
pour gagner sa vie, apprendre un métier, etc., mais une éducation
sur la vie ne peut se faire qu'à travers une éducation spirituelle.
Comme pour illustrer ce point important, douze jeunes de 18 à
24 ans, venant de pays différents, avaient partagé le matin-même
comment le fait d'avoir connu Amma et d'avoir cet exemple vivant devant
eux, les avait transformés, leur inculquant les valeurs essentielles
de la vie. Chacun à sa manière exprima qu'ils étaient
comme de jeunes plantes qui avaient besoin de soin, d'attention et surtout
d'une nourriture juste pour pousser.
Narayan (17 ans) : étudiant à
Delhi, il commençait à fréquenter des jeunes de son
âge commençant à fumer, à sortir tard le soir,
oubliant ses études
Ses parents rencontrèrent Amma
et son père étant au chômage, Amma leur proposa de
venir travailler à Kochi (sud de l'Inde). Ce qui obligea Narayan
à quitter ses copains de Delhi. Il vécut donc à Kochi,
passant de longs moments dans l'ashram d'Amma. Quelques années
après, il retourna à Delhi, et eut la triste surprise de
voir que ses amis d'autrefois étaient tous devenus dépendants
de la drogue, et que certains même étaient devenus des dealers.
Il vit ce à quoi il avait échappé.
Kyoto et Miki, deux
jeunes Japonaises, partagèrent joyeusement le sentiment d'amour
qui naît lorsqu'on sert les autres. Elles avaient aidé à
reconstruire des maisons dans un village du Gujarat (Inde) après
un tremblement de terre, programme de reconstruction mis en place par
des équipes d'Amma.
Mila (USA) : très déçue
et blessée par la société matérialiste dans
laquelle elle évolue, et qui perdait pied dans ce monde, a trouvé
une nouvelle inspiration et surtout du courage après sa rencontre
avec Amma, non seulement pour faire face à ce monde mais aussi
pour apporter sa contribution à le changer. "C'est
ce désir qui m'a amenée ici. Le monde est comme une plaie
infectée. Si nous ne le soignons pas, cela va empirer. Mais dans
un premier temps, nous devons commencer par nous-même."
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| " Je suis une rivière qui coule
" |
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Dans la tradition zen, le premier des grands vux est : "
Je fais le vu de sauver tous les êtres de l'univers ".
Très souvent, cette demande s'est levée en moi : "
Montre-moi quelqu'un qui réellement assume ce vu
".
Amma
est arrivée sur scène samedi matin vers 9 h pour clôturer
les célébrations. Après son discours final, elle
annonce qu'elle donnera darshan à tout le monde. Chacun se regarde
sidéré et l'inquiétude parmi ses disciples est palpable
" Comment est-ce possible ? ". Vers 15 h le darshan commence
et une longue, longue file se met en place.
Maintenant, à 8 h 30 dimanche matin, Amma vient de passer plus
de 17 h d'affilée sur son siège sans bouger, sans déplier
les jambes, prenant dans ses bras environ 45 000 personnes, murmurant
à l'oreille de chacune quelques mots de bénédiction,
parlant à certains, riant, jetant de temps en temps un coup d'il
amusé sur le spectacle de danse ou de chant que lui offrent ses
disciples du monde entier. Cela est l'aspect visible à nos yeux,
mais dans l'invisible, que fait-elle avec ces visages qui se penchent
vers elle, chacun posant sans doute sur son épaule chagrins, questions,
douleurs, errances
Vers 7 h du matin il y eut soudain dans le ciel
un rassemblement d'oiseaux au-dessus de l'estrade. Puis une chouette vint
se poser tranquillement sur l'un des panneaux au fond de la scène,
fixant avec toute l'intensité de son regard le flot de gens se
déversant sur Amma. Comme si la nature s'émerveillait elle
aussi de ce " spectacle " hors du commun et y apportait sa délicate
bénédiction sous la forme de la présence de l'oiseau.
8
h 30 - Amma se relève, titube un peu ; son sari blanc est noir
à l'épaule droite, là où chacun a posé
sa tête. Cette grosse tâche sombre n'est pas seulement le
fruit de nos sueurs, mais aussi de tout ce que nous avons laissé
de notre noirceur. Le premier grand vu zen me revient en mémoire
et je pleure parce que devant moi, j'ai la réponse à ma
demande et je peux dire que j'ai vu quelqu'un qui, non seulement a fait
le vu de sauver tous les êtres de l'univers, mais assume son
engagement avec toutes les fibres de son être.
Quelques jours plus tard, dans son ashram, à une question Amma
répondra : " Je suis simplement une
rivière qui coule ".
Et c'est ce qu'Amma a essayé de nous apprendre pendant ces célébrations
: ouvrir les yeux et le cur pour voir que nous sommes tous une rivière
d'amour, et prendre conscience de sa puissance. L'urgence est grande à
ne pas entraver ce flot naturel.
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| Aimer et Servir |
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Aimer et servir, telle est la devise de Amma. Son amour est à
chaque instant visible, palpable, débordant, et des milliers de
personnes peuvent témoigner d'en avoir été nourries
et soutenues. " L'amour en action " de Amma, les fruits concrets
de sa compassion, de son aide, et de son soutien à tous ceux qui
en ont besoin, et bien sûr en premier les plus pauvres et les plus
déshérités, son " service " au monde et
à l'humanité ont pris en 20 ans une ampleur fulgurante.
Comme l'a dit un ministre : " Les mêmes
personnes qui n'hésitent pas à tricher avec leurs impôts
donnent avec la plus grande générosité à Amma
car ils savent que son action est totalement désintéressée,
dénuée du moindre égoïsme, et que l'argent à
travers elle va à ceux qui en ont le plus besoin ".
Amma donne, donne son amour. Les gens qui ont confiance, riches et pauvres,
chacun à sa mesure, contribuent à soutenir financièrement
les uvres sociales et éducatives qu'elle crée, ou
qui se créent dans son sillage.
Les activités sociales et humanitaires de Amma ont une ampleur
absolument étonnante, et comptent des réalisations (hôpital
et instituts supérieurs d'informatique notamment), parmi les plus
importantes de l'Inde (voir la rubrique "
uvres caritatives " sur le site).
De nouveaux projets ont vu le jour lors de l'anniversaire d'Amma :
- Un centre pour malades du Sida à Thiruvananthapuram (100km
qu Sud de l'Ashram)
- Un hospice à Kottayam
- Une cellule de 1008 avocats a été créée
pour la défense des droits des pauvres dans tout le pays.
- l'engagement de donner leurs yeux après leur mort, de la part
de 25 000 dévots.
- Un premier groupe de 158 couples a été marié
gratuitement par Amma (les cérémonies du mariage coûtent
cher en Inde) et une aide matérielle pour commencer leur vie
de couples leur à été donnée.
- 5000 saris ont été distribués à des femmes
pauvres.
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Plus que deux jours !
Impression sur les derniers préparatifs
par Mike Sofroniou |
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Lorsque je suis arrivé à l'aéroport de Kochi,
la première chose que j'ai vue ce fut les grands
portraits d'Amma suspendus dans le hall. Et où que l'on aille en
ville, on pouvait voir ces portraits
gigantesques pendus sur les murs des bâtiments ou accrochés
aux lampadaires
Au stade, c'était comme une nouvelle ville qui soudainement surgissait.
Négligé depuis quelques années, cet endroit tombait
en décrépitude et toute une armée de travailleurs
et de volontaires étaient en train de le transformer pour mercredi.
Des bâtiments temporaires - certains très grands - avaient
été montés et de partout les gens s'activaient avec
frénésie pour les décorer. Les camions arrivaient
de partout avec leur chargement de sable et pierres, ou de matelas; de
partout, des amoncellements de bois... Devant le stade lui-même,
avait été construite une réplique très précise
de la façade du temple de l'Ashram d'Amma, à Amritapuri
- une forêt de piliers de bois avait été assemblés
Les dômes étaient faits en tissu tendu sur des cadres en
bois.
Tout autour du stade, les volontaires arrivant de toutes parts par bus
faisaient la queue pour s'intégrer à une équipe de
travail. Un grand nombre de policiers étaient déjà
là. L'assistant du commissaire de police était assis à
son bureau répondant à deux téléphones à
la fois ! 3500 policiers, 300 officiers et 100 officiers à la retraite
seront sur la brèche pendant toute la manifestation pour assurer
la sécurité des personnes et des dignitaires et essayer
d'organiser la circulation.
Sur le côté de la route, je vois une armée de "Devi"
(déité indienne) en plâtre, alignées les unes
à côté des autres, et attendant leur décoration
finale. Elles contribueront à l'atmosphère de l'événement.
L'effet sera magique. Elles sont installées sur les façades
des différents halls. Sous une tente, un autre groupe de travailleurs
est en train de peindre les chevaux du chariot d'Arjuna qui sera placé
sur la façade en bois représentant le temple d'Amritapuri.
Derrière le stade, des immenses tentes ont été montées
pour servir de cuisines. Des montagnes de marmites flambant neufs attendent
pour nourrir les centaines de milliers de personnes qui sont sur le chemin.
Des montagnes de légumes de toutes sortes ont été
coupés en morceaux par une mer de femmes en saris colorées
pour assurer le repas
de ces milliers de personnes venues aider.
Tout est à une échelle gigantesque. De partout, une impression
de grande excitation. Les swamis et brahmacharis sont très affairés
à leur téléphone portable. Comment tout cela va-t-il
être prêt ? Amma et des milliers et des milliers de personnes
vont bientôt franchir la porte d'entrée. Mais d'une manière
ou d'une autre, à travers la grâce d'Amma,
tout sera prêt à temps.
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