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Un appel du Kenya
17 novembre 2009

Ma première rencontre avec Amma a eu lieu en 1989 lors de l’un de ses premiers programmes à Los Angeles.

J'ai pleuré comme un bébé dans ses bras quand j'ai eu mon premier darshan. Cela faisait six ans que j’étais à la recherche de ma voie car j’en avais par-dessus la tête de travailler dans le monde et j’étais radicalement opposé aux valeurs d’un système capitaliste voué au profit et au matérialisme. Mon corps m’indiquait que quelque chose ne tournait pas rond dans ma vie. A deux reprises j'avais eu des accrocs de santé qui m’avaient aidé à me tourner vers la voie. A l'époque où Amma s'est rendue à Los Angeles, j’enseignais le yoga et j'animais une émission débat à la radio sur la spiritualité. J'interviewais des personnalités New Age. Quand j'avais demandé qu'Amma vienne dans mon émission, on m'avait dit qu’elle ne parlait pas anglais mais que je pourrais interviewer son ‘big swami'. En l’interviewant, je me suis rendu compte que je n'avais jamais parlé à quelqu'un comme lui. A chaque fois que je lui posais une question, il marquait une longue pause avant de répondre. N’oubliez pas que nous étions en direct à la radio et qu'il s'agissait de spiritualité. J'avais autrefois été comédien et j'avais fait de l'improvisation ; j'étais donc passé maître dans l'art de réfléchir vite et bien. Un an après cet entretien, j'ai débarqué à l'ashram d’Amma : j'étais l’un de ses premiers dévots occidentaux à y séjourner longtemps. Il n'y avait alors que quelques cabanes, et j’étais un petit veinard de vivre dans l’une d’entre elles.

Au début, je me suis rebellé contre l'emploi du temps de la sadhana qu'on suivait quotidiennement à Amritapuri. Je pensais qu’ils étaient tous une bande de bénis-oui-oui et de moutons de Panurge et que leur bhakti n'était pas pour moi. Je me targuais d’être un occidental expert en yoga et je faisais comme bon me semblait. Bizarrement, je me trouvais toujours auprès d’Amma, je ne le faisais pas exprès, je faisais ce que me dictait mon cœur, c'est tout. Cela a continué environ cinq ans comme cela, ensuite je me suis rendu compte que je n'y connaissais rien, et j'ai essayé de me mettre à l'emploi du temps de l’ashram.

Lorsque je me suis mis à aller à l’archana, aux bhajans, au séva, aux entretiens spirituels, j'ai pris conscience que c’était le bon plan pour accéder au Soi supérieur... C’était comme si j'avais plongé dans l'eau de la rivière et que je me laissais porter par le courant sans avoir d'effort à faire au lieu d’essayer de me débattre à contre-courant. Le plus difficile pour moi à l’ashram, c'était le séva. Quand Amma me demandait d’aller travailler à la presse quand je n'avais rien d'autre à faire, j'argumentais que j'avais toujours quelque chose à faire. J'avais l'impression de ne rien faire d'autre à part la sadhana. Comme je n’obéissais pas à mon guru, on m'a gentiment renvoyé en occident pour que je me mette au travail. J'ai travaillé et j'ai mis de l'argent de côté pour revenir à l’ashram à la première occasion. Et comme cela pendant les quatorze années qui suivirent. L’année dernière, Amma m'a fait un beau cadeau quand j'ai été la voir à Amritapuri. On m'a demandé de faire la sécurité autour d’Amma et je devais aussi lui mettre ses sandales. Je baignais dans la shakti d’Amma et tout se faisait sans effort. Avant de venir, j’avais pris la décision que je ferais tout ce que l’on me demanderait. Cela faisait quatorze ans que je prenais cette décision, en vain. Après un mois passé dans la béatitude d’Amma, je suis retourné aux Etats-Unis. Pendant un an, les difficultés se sont succédées. L’économie des Etats-Unis venait de s’effondrer, comme tout le reste. Des difficultés sans fin nous ont assaillis, ma compagne et moi, si bien qu'à la fin, nous nous sommes même dits que nous allions faire la culbute. Finalement, nous avons rassemblé ce qui nous restait d’énergie pour nous précipiter à Amritapuri avec l’intention d’y rester pendant deux ans.

A notre arrivée à Amritapuri, Radhika du Bureau International, nous a demandé si nous serions d'accord pour aller en Afrique, aider à la mise en place de l’orphelinat d'Amma au Kénya. Nikhila – ma compagne – est plutôt de nature casanière. Comme elle venait de déménager cinq fois au cours de l’année passée, elle m'a regardé droit dans les yeux en me disant : « Si tu crois que je vais déménager une fois de plus, tu te trompes. Il y a beaucoup de gens très compétents dans cet ashram qui pourraient bien mieux que moi s’occuper de 108 orphelins africains. Sauf si c'est Amma en personne qui me le demande, je ne pense pas être en mesure de prendre soin de 108 orphelins ».

Eh bien, devinez qui nous l'a demandé la semaine suivante ? Quand Amma nous a posé la question, Nikhila a immédiatement ouvert son cœur. A présent, nous sommes en Afrique, au Kénya et je commence ce blog qui donnera des nouvelles de ce qui se passe ici au Kénya.

- Hanuman

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