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Visages familiers
30 mai 2007 – Seattle, Washington, Usa

Après son atterrissage à Sea Tac International Airport, Amma s'est rendue chez des dévots qui habitent juste au nord de Seattle. Comme c'est devenu la coutume, un certain nombre de dévots s'y étaient réunis pour accueillir Amma qui effectue sa 21ème tournée annuelle aux Etats-Unis. Amma est rapidement allée au milieu des dévots, elle voulait savoir comment ils allaient et elle leur a demandé leurs dernières nouvelles.

Quelques semaines avant l'arrivée, un dévot américain qui avait été très proche d'Amma depuis sa première tournée aux USA en 1987 était mort à la suite d'une maladie. Sa présence manquait à tous les gens qui étaient rassemblés. Amma s'assit sur une chaise en face de tous les dévots, puis elle demanda à tout le monde d'observer un moment de silence et de prier pour lui. Elle demanda aussi à tous ceux qui étaient présents de penser à tous les dévots qui n'avaient pas pu venir pour une raison quelconque.

Un repas avait été préparé et Amma ne tarda pas à distribuer en prasad des assiettes de nourriture à tous les gens qui étaient présents. Ce faisant, Amma contemplait la foule sans quitter des yeux les visages de ses enfants que, pour la plupart d'entre eux, elle n'avait pas vus depuis près d'un an. C'est à ce moment là qu'une fille s'aperçut qu'Amma portait une bague de jade à la main droite. Comme Amma n'avait pas l'habitude de porter ce genre de bijoux, la fille demanda à Amma pourquoi elle portait cette bague. Amma dit qu'au cours du dernier programme qui avait eu lieu au Japon, une dévote lui avait offert cette bague avec tant d'amour qu'elle avait eu envie de la garder au doigt pendant un certain temps. Ensuite Amma dit qu'en fait, le visage de la fille qui lui avait donné cette bague lui rappelait le visage de l'épouse du dévot qui était mort récemment.

Amma expliqua que c'est souvent comme cela pour elle. Partout où elle va, les visages des gens à qui elle donne le darshan lui rappellent les visages d'autres dévots – souvent des gens qui habitent à l'autre bout de la planète. Des visages indiens lui rappellent des visages américains. Des visages japonais lui rappellent des visages australiens. Des visages européens lui rappellent des visages indiens. Amma ajouta que c'est la même chose pour les voix. La façon de parler de quelqu'un la fait souvent penser à quelqu'un d'autre qui habite très très loin. De cette façon, Amma dit qu'elle pense toujours à ses enfants partout dans le monde – même quand ils ne peuvent pas être physiquement avec elle.

En voyant Amma regarder les visages de ses enfants américains, on ne pouvait s'empêcher de se demander quelles pensées et quels souvenirs lui traversaient l'esprit. De quelles âmes dévotes se souvenait-elle ? D'où étaient-elles ? Et pensaient-elles - elles aussi - à Amma, en la voyant dans les gens autour d'eux ?

Bienvenue à weawakaw
31 mai 2007 – Seattle, Washington, Usa

C'est un vrai Américain qui a accueilli Amma à Seattle et de fait aux USA : Il s'agissait de Phil Lane Junior, Président de la « United Indians of All Tribes Foundation » (Fondation des Indiens Unis de Toutes les Tribus) et chef héréditaire de la Communauté Indigène de White Swan Dakota et de celle de Chickasaw. M. Lane avait revêtu la coiffe traditionnelle et les autres attributs d'un chef de tribu indigène d'Amérique pour souhaiter la bienvenue à Amma et à tous ceux qui assistaient au programme du Fisher Pavilion au centre de Seattle. Il chanta un chant de prière traditionnel. « Du fond du coeur, j'aimerais souhaiter la bienvenue à notre mère, soeur et grand-mère bien aimée. » dit-il. « Dans ma langue, nous disons 'weawakaw' – une sainte sur la Terre Mère »

M. Lane accompagna lui même son chant de prière en frappant la peau d'un tambour avec un maillet. Au cours de sa prière intitulée « Le Chant de la Femme Fille du Bison Sacré » qui mêlait sa langue tribale et l'anglais, il se prosterna dans les six directions pour attirer la grâce.

Eveillez-vous mes enfants !
1 juin 2007 – Seattle, Washington, Usa

Ces deux dernières années, c'est devenu une tradition qu'Amma ajoute quelques nouveaux bhajans en anglais à son carnet de chant aux environs de l'époque de la tournée qu'elle fait tous les ans en Amérique du Nord. Et cette année encore Amma n'a pas failli à la tradition. C'est au cours de la première soirée de la Northwest Retreat (retraite du nord ouest) près de Seattle, que vers la fin des bhajans, Amma a chanté pour la première fois un bhajan intitulé « Awaken, Children » (Eveillez-vous, mes enfants) qui a été écrit par l'une des filles américaines d'Amma.

Ce qui rend le chant si particulier, c'est que le dévot qui l'a composé aime profondément la tradition américaine du gospel. Par moments, le chant porte l'empreinte subtile de cette influence.

Le refrain est tout en nuances et en subtilité :

Eveillez-vous, mes enfants... Eveillez-vous...
Eveillez-vous à la vérité qui est en vous, dans votre être.

Bien que le gospel ait vu le jour en Amérique, il est le produit d'un mélange d'influences non américaines. Il est surtout issu des chorales européennes et des rythmes et des mélodies où une phrase chantée en solo est reprise en choeur. Ces chants ont été apportés en Amérique par les esclaves africains. Les esclaves chantaient tout en trimant dans les champs de leurs maîtres. L'un d'entre eux chantait seul, puis les autres reprenaient en choeur. Les chants les aidaient à rythmer leur journée de travail. Bien entendu, les églises s'ouvrirent aussi à ce genre de musique qui devint un genre musical à part entière au début des années 1900.

Il est intéressant de noter qu'en Inde les chants dévotionnels ont également recours à des phrases chantées en solo et reprises en choeur. Y a t-il quelque chose d'inhérent au cri de liberté - qu'il s'agisse de la liberté physique ou de la liberté spirituelle – qui se prête à ce genre de musique ? Il est certain que quand ils criaient dans les champs les esclaves confondaient les deux aspirations. Et cette fusion est restée dans le gospel jusqu'à aujourd'hui. Après tout, c'est un gospel traditionnel qui a été à l'origine de « We Shall Overcome », le cri de ralliement du mouvement pour les droits civiques du Révérend Martin Luther King Junior dans les années 60.

En fait c'est vers la fin d' « Eveillez-vous mes enfants » que se trouve le passage qui rappelle le plus le gospel. Le bhajan atteint son apogée quand Amma chante seule pour poser une question et que le choeur lui répond :

Amma : « Mon enfant, ne veux-tu donc pas t'éveiller ? »

Choeur : « Mère, n'entends-tu donc pas mon appel désespéré? »

Amma : « Mon enfant, n'es-tu donc pas fatigué de courir après des chimères ? »

Choeur : « Mére, ne m'as-tu pas oublié ? »

Amma : « N'entends-tu pas ma voix résonner au plus profond de ton âme ? »

Choeur : « Je ne fais qu'un avec toi ; tu n'es pas seul. »

Bien sûr Amma fait de ce chant quelque chose d'entièrement différent, quelque chose de totalement original – un chant qui vient de l'au-delà et qui s'adresse au monde entier.

Photos
29 mai 2007 – Seattle, Washington, Usa

Amma fur accueillie à Seattle par Phil Lane Jr., CEO des « United Indians of All-Tribes Foundation » et Chef Héréditaire des

“White Swan Dakota” et des “ Chickasaw First Nations”.

29 Mai 2007, Seattle , USA

Tandis qu’elle distribuait le prasad lors de son arrivée à Seattle, Amma dit à ses enfants que quelque soit le lieu où elle se rendait, le visage des personnes à qui elle donnait le darshan lui rappelait les visages d’autres devôts - souvent ceux résidant de l’autre côté de la planète.

29 Mai 2007, Seattle , USA

Visages familiers

 
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