| www.amma-france.org Mata Amritanandamayi - Maison Amrita | ||||
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| AIMS Work - |
| - Par Karen |
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Dans la vie, les coups de semonce sont multiples et variés. Pour autant que je m'en souvienne, j'ai reçu le plus significatif à Fort Flagler près de Seattle, là où Mata Amritanandamayi commença son tour des USA en 1995 par une retraite avec vue sur Puget Sound. Nous nous étions inscrites, une amie et moi, puis une semaine plus tard, nous avions envoyé un fax pour annuler notre réservation cédant à un moment de panique parce que nous avions pensé que nous pourrions tomber dans une secte, et ensuite, quelques jours plus tard, nous avions envoyé un second fax pour nous réinscrire. Et donc nous voilà le tout premier soir à regarder tous ces gens qui savaient quoi faire, qui savaient où s'asseoir, qui connaissaient les paroles de ces chants aux musiques bizarres, qui savaient quand se prosterner au sol, qui savaient quand se mettre debout, qui savaient ce que signifiaient les robes oranges portées par certaines personnes. J'avais la tête qui tournait. Les gens étaient assis pour attendre leur tour de passer au darshan, et la seule chose que je pouvais comprendre c'est que cela voulait dire passer dans les bras de la femme en blanc ; la queue s'allongeait sur des kilomètres. Les gens nous répétaient en souriant que nous comprendrions une fois arrivées à Amma au bout de la queue. Je n'avais en rien été préparée à tout cela. A l'allure à laquelle nous avancions, j'avais calculé qu'il serait plus de 3h00 du matin quand je recevrai cette fameuse étreinte et encore à ce moment là, je serai probablement trop fatiguée pour comprendre quoi que ce soit. Et j'ai fait ce que toute personne sensée aurait fait à ma place : je me suis inventé une bonne raison de partir. Ce soir là, on m'a emmenée à l'hôpital pour un calcul dans un rein. Terminée la spiritualité sur la plage. J'ai passé un week-end à souffrir à l'hôpital, prenant conscience par moment de l'importance que cette femme en blanc pouvait avoir et de ce que nous avions peut-être manqué. Mais, inconsciemment, quelque part, il avait dû se passer quelque chose, car à peine trois semaines plus tard, je me suis retrouvée avec Amma à Santa Fe, à une autre étape de son tour. Là, j'ai fait l'expérience de la puissance et de la magie de cette femme merveilleuse et je me suis rendu compte que je passais à côté de beaucoup de choses dans la vie. J'ai également appris à connaître l'incroyable palette de ses activités caritatives. Il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre que mon expérience en tant que conseillère médicale pouvait être utile pour ce projet, et malgré un emploi du temps déjà surchargé de travail et de voyages, je me suis porté volontaire pour aider à la construction de son hôpital de 800 lits au Kérala. J'ai donc annulé tous mes autres plans et j'ai continué à suivre le tour jusqu'à Dallas. C'est là que Mère m'a donné le nom spirituel de Sneha, qui veut dire ami, affection, amour - cela dépend à qui on en demande la signification. Je me suis fixée sur l'hôpital et mes responsabilités se sont focalisées sur les ressources humaines, l'informatique et la communication, je travaillais avec joie avec Madhuri et son équipe à l'ashram de San Ramon dans la mesure où mon emploi du temps me le permettait. Le Dr. Prem Nair, qui était responsable de cet immense projet, me suggéra qu'il me faudrait passer du temps pour voir sur place comment fonctionnaient normalement les hôpitaux indiens et que je pourrais peut-être passer du temps à l'ashram. C'est ainsi que j'ai rejoint Amma à Melbourne, lors de son tour en Australie et qu'ensuite je suis allée à Singapour avant d'aller à Chennai et enfin à l'ashram. En Australie, Prem, Ron et moi avons passé de longues heures à discuter de l'organisation de l'hôpital, à mettre sur pied le budget pour le personnel et à définir une approche de la gestion du personnel susceptible de créer une atmosphère familiale malgré le grand nombre d'employés. Pendant que Mère donnait le darshan aux dévots, nous travaillions sur mon ordinateur, quelquefois 12 heures par jour, et puis je passais la plus grande partie de la nuit à mettre de l'ordre dans les notes et à essayer de préparer les discussions du lendemain. Nous avons également mis au point une série de diapositives pour que Ron puisse les montrer à des médecins indiens qui avaient fait leurs études aux USA et qui auraient peut-être envie de retourner en Inde pour travailler dans un hôpital de soins de pointe. Je voulais faire plaisir à Ron dont l'esprit travaillait à la vitesse de l'éclair. Je voulais faire plaisir à Prem qui avait mis très haut la barre de ce qui pouvait être réalisé par la grâce sans limite d'Amma dans le cadre de ses ressources financières. Je voulais surtout faire plaisir à Amma, la merveilleuse dame aux yeux étincelants qui semblait par compassion voir tout au fond de vous qui vous êtes. J'étais exaltée tout autant qu'épuisée. Au fur et à mesure que les jours passaient, je commençais à me battre à l'intérieur avec l'idée très possible qu'il était peut-être temps pour moi de mettre un terme à une carrière qui marchait bien aux Etats-Unis pour vivre une vie de dévotion et de service. Je savais que ni mes amis, ni mes parents ne comprendraient un changement aussi radical après la vie luxueuse que j'avais mise en place. Et, cependant, il y avait ce vide que pour la toute première fois de ma vie, les enseignements d'Amma avaient semblé combler. C'est à Singapour, le jour de la fête américaine de Thanksgiving qu'une amie de l'ashram que j'avais rencontrée à Dallas dernièrement sur le tour me dit qu'elle avait observé mon attitude de droguée du travail pendant le tour de Mère. Elle me rappela qu'il était tout aussi important, si ce n'est plus de faire des pratiques spirituelles, de méditer, de rester assise à côté de Mère, de chanter des bhajans, etc. que de travailler (fut-ce comme moi sur le projet de l'hôpital d'Amma) et qu'il faudrait peut-être que je revoie mes priorités. J'étais effondrée de voir que quelqu'un pensait que tout mon dur travail était mal venu. Je mis trois heures à digérer ses paroles et à midi, j'étais effondrée, en larmes de voir que j'avais simplement transféré mon attitude de droguée du travail sur le projet d'hôpital d'Amma et que j'étais passée à côté de la raison pour laquelle j'étais sensé me trouver en présence d'un célèbre Maître réalisé. A ce moment-là il me semblait que j'étais aussi éloignée de la vie spirituelle qu'un être humain puisse l'être. Toujours plein de sollicitude, Prem pensait que nous étions en train de travailler sur le personnel de la Clinique de Jour, mais il se rendit vite compte que mes larmes empêchaient tout progrès dans ce domaine. Alors, il me suggéra de soumettre le problème à Amma. Aucun jugement. Aucun reproche. Simplement : " Pourquoi ne poses-tu pas la question à Amma ? " A la suggestion qu'il faisait, en reniflant, je réussis à taper un court message : " Chère Mère, Je suis toute perdue entre mon désir de te servir et mon désir
de vivre une vie très différente de celle que je mène
actuellement à travailler 24 heures sur 24 avec peu de temps à
consacrer aux pratiques spirituelles. Je savais que je n'avais pas d'autre solution que de descendre l'escalier, d'aller dans la file de darshan pour donner ma question à Amma ; je fus saisie de panique à la pensée qu'elle n'aurait pas le temps de lire mon billet. Ou bien elle allait rire. Ou, pire encore, elle me dirait de retourner à mes possessions mondaines à mes millions d'amis et de laisser à ceux qui ont travaillé toute leur vie à rechercher la réalisation le soin de travailler avec elle. Que je n'étais pas digne ! Mais non, elle comprit que je pleurais sincèrement de douleur, elle m'écouta respectueusement et patiemment pendant que Prem traduisait la lettre en malayalam, et ensuite elle m'expliqua que beaucoup de gens passent des heures chaque jour à rester assis à côté d'elle... Mais que c'est tellement mieux, à la place, de faire vraiment du Service Désintéressé. Avec un de ces sourires particuliers qu'on lui connaît, elle dit à Prem de m'expliquer qu'elle m'encourageait à continuer mon service désintéressé mais aussi à venir en sa présence à chaque fois que j'en ressentais le besoin. Je n'en croyais pas mes oreilles. Le drame était terminé. Je n'avais plus de poids. Amma a validé le service désintéressé en tant que pratique spirituelle. Je savais que c'était mon travail de faire attention à ce que ce soit véritablement désintéressé et non pas basé sur l'ego. Mais cela c'est une autre histoire Et donc toute joyeuse, je suis remontée au petit bureau que nous avions installé à l'étage et je me suis remise au travail avec enthousiasme. Le tour se poursuivit jusqu'à Chennai, là on me demanda si, pour aller à l'ashram, au lieu de prendre l'avion comme prévu pour Trivandrum, je voulais prendre l'un des bus déjà pleins à craquer qui suivraient la voiture de Mère pendant le trajet qui devait durer 3 jours. Je ne veux jamais rien rater, j'ai donc sauté sur l'occasion. A u moment donné, nous étions tous en train de nous baigner dans la rivière Bhavani au confluent de deux rivières là où le courant est assez puissant. Amma nageait avec une force et une grâce époustouflantes et elle grondait les indiennes qui avaient peur de nager. Deux expériences à cet endroit qui me resteront pour toujours. Les occidentales toutes alignées près de Mère, regardaient les indiennes qui n'arrivaient pas à nous rejoindre à la nage. Elles se tenaient à l'autre mur et elles s'accrochaient les unes aux autres de peur d'être emportées par le courant, et malgré leur peur, elles chantaient des bhajans à pleine voix, leurs visages magnifiques remplis d'amour et d'adoration. C'est l'une des plus belles occasions de photo que j'ai jamais ratée. Récemment, d'anciennes peurs ont commencé à refaire surface tandis que je me préparais à rentrer à la maison. Je suis allée voir Amma en pleurs pour lui dire que je ne me sentais pas digne d'être une aspirante spirituelle. Que je ne suis pas assez spirituelle. Par la voix de l'interprète elle m'a répondu en essuyant mes larmes : " Cela ne sert à rien de faire un dépistage du cancer une fois qu'on a le cancer. Il faut faire les examens avant. Ne te fais pas de souci à propos du passé ; n'attends pas d'être pure pour prendre la voie spirituelle. Il faut bien commencer quelque part pour devenir pur, pour apprendre à mener une vie spirituelle. " Et maintenant, j'attends avec ferveur qu'elle me fasse signe. Il se peut que je ne devienne jamais pure, mais je crois vraiment que j'ai bien plus de chance avec Amma pour guide que toute seule. |
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Mata Amritanandamayi - Maison Amrita |
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