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ajnana
timirandhasya
jnananjana salakaya
cakshurunmeelitam yena
tasmai sree gurave namah -- Guru Gita
Si l'on s'approche d'un Guru en cherchant sincèrement à
comprendre la nature de son mental, la connaissance du Guru s'écoulera
en nous pour nous apporter la clarté. En fait, selon la Guru Gita,
les paroles d'un véritable Maître sont pareilles au bistouri
d'un chirurgien ophtalmologiste plongé dans le baume de la connaissance.
Si l'on veut enlever la cataracte de l'ignorance, il n'y a qu'à
s'allonger sans sourciller afin de permettre au chirurgien d'effectuer
son travail.
Sur le chemin qui mène de Shegaon à Pune, Amma s'arrêta
pour déjeuner à Pandarpur, la localité où
se trouve le légendaire Temple Panduranga du Seigneur Vithala.
Là-bas, dans un champ surplombant une petite colline, un des dévots
en voyage avec Amma s'avança pour lui poser une question, et une
opération chirurgicale classique eut lieu.
" Amma, quand nous sommes confrontés
à un attachement très fort - une chose à laquelle
nous sommes si fortement identifiés que nous ne pouvons nous en
débarrasser - quelle est l'attitude juste ? ", demanda
cet homme.
" Devrions-nous essayer de lutter pour nous
en débarrasser ? Ou bien est-elle pareille à un fruit qui
n'est pas assez mûr pour tomber et l'attitude juste est-elle d'attendre
un peu plus jusqu'à ce qu'il tombe de lui-même à maturité
? "
Amma dit : " Si votre désir est intense
et si vous essayez de le supprimer, il se manifestera à nouveau
avec plus de force. Même après en avoir fait l'expérience
une ou deux fois ou même trois fois, le désir ne cessera
de se manifester encore et encore, alors nous ne devrions pas penser qu'il
sera satisfait si nous cédons à la tentation. "
En donnant l'exemple du désir de trouver un partenaire, Amma dit
: " Même à l'âge de 100
ans, même si l'on se marie, on pourra encore s'attacher à
d'autres personnes. A un certain stade, nous devons essayer de cultiver
vairagya, le détachement. "
Ensuite Amma expliqua comment la sensation de plénitude, le plaisir
et le sentiment de satisfaction que nous obtenons de diverses choses et
circonstances du monde extérieur, viennent, en fait, de l'intérieur.
" Si nous mangeons dix chocolats, la joie
que nous retirons lorsque nous mangeons le dixième chocolat, n'est
pas semblable à la joie que l'on a obtenue en mangeant le premier
d'entre eux ", dit Amma. " Si
le bonheur provenait de l'objet, alors chacun d'entre eux serait en mesure
de nous apporter la même sensation de plénitude. Mais ce
n'est pas le cas ; la plénitude vient de l'intérieur ; la
plénitude vient de l'esprit. Vous devez comprendre la nature du
monde et la nature de votre mental, et à partir de là, viveka
- le discernement - s'éveillera. A un certain stade, vous devez
faire marche arrière. "
L'homme n'était pas satisfait de la réponse d'Amma. En
fait, il avait un désir très spécifique à
l'esprit. " Que dire d'un attachement qui
a trait à un mode de vie qui est soi-disant incorrect ? ",
demanda-t-il. " Je veux faire quelque chose,
et, apparemment, je veux le faire parce que cela est une vasana. Je suis
dans la confusion. Je ne sais pas ce que je devrais faire ? "
" Quel est ce désir, mon fils ? ",
demanda Amma.
" Amma, l'an dernier, je t'ai envoyé une
lettre. Je te disais que j'allais me rendre à bord de mon voilier
d'Amérique en Inde, et c'est un projet qui me tient à cur
depuis beaucoup, beaucoup d'années. Et tu as répondu à
ma lettre en me disant : " Ne fais pas ce voyage. "
L'opinion d'Amma avait apparemment changé. Elle dit en Anglais
: " D'accord, essaie, essaie donc de le faire.
"
Cependant, cet homme n'accepta pas le changement d'avis d'Amma si volontiers.
" Non, dans ta lettre, tu disais : "
Non, ne le fais pas, quelque chose va arriver. "
Amma lui expliqua alors qu'à ce moment particulier, elle avait
ressenti que ce n'était pas une bonne période pour voyager.
L'homme lui fit alors une confidence. "
De toute façon, j'avais tout de même l'intention de le faire",
dit-il. "J'avais tout de même l'intention
de faire prendre un peu le large à mon bateau. Et en fait, j'ai
rencontré un autre maître, et il m'a dit la même chose.
Il dit : " Ne fais pas cela ! Jamais ! Abandonne cette idée
dans ta vie ! " Et il dit que cela avait un lien avec un karma d'une
vie passée, et il m'a dit que c'était une vie au XVe siècle
et patati, patata. "
Amma répondit : " Et patati, patata
! "
Toux ceux qui étaient assis autour d'Amma - environ 400 personnes
- éclatèrent de rire. Et Amma ne tarda pas non plus à
ne plus pouvoir se retenir de rire...
Quand les rires diminuèrent, Amma lui demanda combien de temps
il lui faudrait pour se rendre d'Amérique en Inde à bord
d'un voilier.
" Entre deux mois et dix ans "
De nouveau, les rires retentirent dans la paisible colline.
" Quelqu'un a-t-il déjà fait
cela auparavant ? ", lui demanda Amma. "
Cela n'est pas comme une simple traversée à bord d'un bateau
; cela implique beaucoup d'autres facteurs. "
L'homme dit à Amma que beaucoup de gens avaient, bien entendu,
fait des voyages semblables, en ajoutant qu'il avait passé les
vingt dernières années en mer.
Amma décela clairement un problème de cataracte et se mit
à opérer énergiquement. "
Même après avoir passé vingt ans en mer, ce désir
ne s'est pas assouvi ", précisa-t-elle. "
Alors tu peux peut-être prier Dieu en lui demandant : 'Dans ma prochaine
vie, fais de moi un dauphin !'"
Explosion de rires.
Amma continua : " Si tu n'as pas peur de
la mort, si tu as la force de faire face à toute circonstance,
alors pas de problème. Mais tu devrais analyser les différents
obstacles que tu pourrais rencontrer en traversant les eaux territoriales
de divers pays. Dans certains endroits, si tu n'as pas les papiers requis,
ils te mettront en prison. Tu dois étudier tous ces différents
aspects, et ensuite si le désir est encore là, tu peux faire
ce voyage. "
L'homme était troublé. " Alors
Amma dit que cette vasana va prendre fin en accomplissant ce désir.
"
A nouveau, les rires fusèrent, mais l'homme protesta. "
Non, le but est de se débarrasser de la vasana. C'est ce que je
veux. "
Voyant en cet homme le désir sincère d'être aidé,
la compassion d'Amma se manifesta : " Non.
En assouvissant une vasana, on ne peut jamais en venir à bout.
L'absence de passion qui en résulte est seulement smashana vairagya
(le détachement du cimetière) -c'est comme lorsqu'un homme
perd son épouse bien-aimée, il lui arrive de dire qu'il
ne se remariera jamais, mais en l'espace de six mois, il se remarie. "
Alors Amma dit à cet homme que si son désir était
cependant vraiment fort, c'était d'accord, il pouvait faire le
voyage. Mais Amma se demandait vraiment ce qu'il y avait, selon lui, de
si spécial à propos de ce voyage. Elle le lui demanda, et
il finit par admettre qu'en fait, il ne le savait pas.
Alors Amma lui dit qu'au cours du voyage, il devrait constamment observer
son mental et réfléchir. Elle lui dit de diviser ce voyage
en plusieurs étapes, et ensuite, d'en faire une et de voir comment
son mental réagirait. Et ainsi de suite, pour la deuxième
et la troisième étape. " A chaque
fois que tu arrives au terme d'une étape, observe le mental. Et
rends-toi compte si le désir de continuer est toujours là.
Si tu veux continuer, vas-y. Mais si le désir persiste après
avoir effectué la troisième étape, tu devrais prendre
conscience qu'il ne disparaîtra jamais. A ce moment-là, s'il
te plaît, arrête-toi. "
C'était un exemple frappant qui pouvait s'appliquer clairement
à de nombreuses activités inspirées par le désir,
autres que la navigation.
Pourtant, l'homme avait une dernière question : " Ne serait-il
pas préférable de prier simplement à propos de cela,
plutôt que d'en faire l'expérience ? "
" Le but devrait être très clair",
dit Amma. "Vous devriez avoir en vous un désir
intense de transformation. Vous ne devriez pas être comme cet homme
qui mène sa voiture au fossé et ensuite sort son coussin
de méditation pour se mettre à prier en disant 'Oh, Seigneur
tout-puissant, s'il te plaît, sors ma voiture de ce fossé'.
Votre prière ne devrait pas ressembler à celle-ci. Vous
devriez en vérité essayer de pousser le véhicule
hors du fossé tout en priant. "
Pour conclure, Amma fit peut-être le commentaire le plus saisissant
de l'après-midi : " L'énergie
que vous déployez pour réaliser ce voyage pourrait être
mieux utilisée pour venir en aide aux pauvres - leur acheter de
la nourriture, des vêtements et s'occuper de leur éducation.
Regardez et observez si votre désir de naviguer n'est simplement
une manifestation de la ruse du mental. "
Alors qu'ils allaient rejoindre les cars à pied, de nombreux enfants
d'Amma évoquaient la conversation. Amma -le Véritable Maître
qu'Elle est -n'avait pas seulement apporté de la clarté
dans les doutes de cet homme, mais elle avait aussi déclenché
un débat d'ordre plus général. " Combien de
' voyages en mer semblables' sont-ils présents dans 'l'océan'
de ma vie ? "
Sakshi
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