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Le mystère de la mort : pourquoi est-ce un secret ?
21 décembre 2005 - dans une usine de pièces et de réparations automobiles, près de la NH45 à Pondichéry

A mi-chemin entre Chennai et Nagapattinam, un des véhicules de la caravane d'Amma montrait les premiers signes de défaillance mécanique. L'heure du déjeuner était déjà passée. Alors, quand la caravane arriva devant l'usine de pièces automobiles et l'atelier de réparations, Amma ordonna à tous de faire un arrêt sur le bas-côté et demanda si le groupe pouvait déjeuner à cet endroit.

A la grande surprise de tous, l'usine appartenait à l'un des dévots d'Amma qui était venu, en fait, recevoir le darshan d'Amma la veille à Nagapattinam. Pendant son darshan, il avait demandé à Amma de faire une visite à son domicile au cours du trajet jusqu'à Chennai. Cependant, Amma lui avait dit qu'une telle visite était impossible par manque de temps.

Vous pouvez donc imaginer la surprise du dévot quand ses ouvriers l'appelèrent pour lui dire qu'Amma était soudain apparue sur son lieu de travail ! Il fit venir son épouse et ses deux filles, et dix minutes plus tard, ils étaient tous assis aux pieds d'Amma avec tout le reste des disciples et dévots d'Amma.

Après avoir distribué à tous le prasad (nourriture consacrée), sous forme de lait caillé, riz et curry, une des brahmacharinis d'Amma se mit à raconter une histoire. C'était le conte qui sert d'introduction à la Kathopanishad, l'enseignement védique donné par Yama Dharmaraja, le Seigneur de la Mort, à un jeune garçon Brahmin.

De verset en verset, la brahmacharini raconta comment Nachiketas quitta le plan terrestre et rendit visite au Seigneur de la Mort dans sa demeure. Elle expliqua aussi qu'en fait, lorsque le garçon parvint à cet endroit, la Mort n'était pas là et comment Nachiketas fut dans l'obligation d'attendre son retour pendant trois jours. Pour chaque jour d'attente forcée, la Mort accorda une récompense à Nachiketas.

En guise de première récompense, Nachiketas demanda que son père l'accepte à son retour sur le plan terrestre. Pour sa deuxième récompense, il demanda à Yama de lui enseigner un rituel du feu qui, s'il était correctement pratiqué, ouvrirait les portes du ciel. Et pour sa troisième récompense, il demanda : " Qu'est-ce qui se passe après la mort ? Y-a-t-il une âme qui survive à la mort ou est-ce l'annihilation totale ? "

La Mort lui répondit : "Je t'en prie, je te donnerai tout ce que tu désires : des damoiselles célestes, de l'or, des fils, du bétail. Tu peux tout me demander sauf cela. "

Nachiketas réagit à ces propos ainsi : " Garde longue vie et damoiselles, tout ce que je veux connaître est ce secret. "

Finalement, impressionné par la détermination calme de Nachiketas, la Mort se mit à transmettre son précieux secret.

Mais à ce stade, la brahmacharini s'arrêta de raconter l'histoire, en disant qu'elle ne pouvait pas continuer ce récit comme cette connaissance était un secret ainsi que l'avait dit le Seigneur de la Mort.

C'est à ce moment qu'arriva Amma.

Amma dit que les enseignements védiques à propos de la réalité ultime ne sont pas révélés à tout le monde. C'est seulement lorsqu'il est convaincu de la maturité mentale de son élève que le Guru commence à entreprendre un tel enseignement. Si la philosophie du Védanta est enseignée à quelqu'un qui n'a pas suffisamment de maturité, l'enseignement sera gaspillé ou pourra même faire du mal.

Afin d'illustrer ce point, Amma raconta deux histoires.

Dans le premier récit, il était question d'un disciple à qui on venait d'enseigner que tout dans la création n'est en vérité rien d'autre que Brahman, la conscience pure, éternelle et illimitée qui est présente dans toute la création. Pris dans un élan de joie à l'idée de posséder cette nouvelle connaissance, le disciple allait partout en gardant en mémoire constamment que tout ce qu'il voyait était Brahman. Au milieu de son rêve, il entendit quelqu'un crier : " Sauvez-vous tous ! Un chien fou arrive ! " Cependant, le disciple ne réagit pas. " Si tout est Brahman, alors ce chien aussi n'est que Brahman, se disait-il. A quoi sert de se tenir hors de son chemin ? " Il avait à peine fini de penser cela que le chien fou apparut à cet endroit. Il courut vers le disciple et le mordit. Plus tard, le Guru se tint au chevet de son disciple, pansant ses blessures. " Quand tout le monde te disait qu'un chien fou arrivait, pourquoi ne t'es-tu pas enfui ? demanda le Guru. Le disciple lui dit comment il avait raisonné. Le Guru le contredit brusquement : " Si tu pouvais voir Brahman en ce chien fou, pourquoi n'as-tu donc pas vu Brahman aussi en la personne qui te disait de t'enfuir ? "

Amma dit ensuite que les écritures enseignent qu'il existe trois types de disciples : le uttama adhikari, le madhya adhikari et le adhama adhikari -le plus élevé, le moyen et le plus bas.

Voici la deuxième histoire que raconta Amma : " Il était une fois un grand érudit spécialiste des Védas dont un perroquet à qui il avait enseigné tous les védas était la possession la plus précieuse. Un jour, alors qu'il se promenait dans la forêt, cet érudit fut attaqué par un lion féroce. Avant même que le lion ne se jette sur l'érudit, à la dernière seconde, un chasseur qui vivait dans la forêt apparut soudain et tua le lion d'un coup de fusil. L'érudit dit au chasseur qu'à présent, il lui devait sa vie et qu'en guise de récompense, il voulait lui donner quelque chose - en fait, son perroquet si précieux.

Le chasseur et l'érudit prirent congé l'un de l'autre. Mais l'érudit ne tarda pas à commencer à se lamenter d'avoir donné son perroquet. C'était une possession si rare et si précieuse. Il ne pouvait simplement pas cesser de penser au perroquet et de se demander comment cela se passait avec son nouveau maître.

Au bout de quelques mois, l'érudit alla se promener à nouveau dans la forêt. Là, il croisa une nouvelle fois le chemin du chasseur. Il s'en réjouit. " Comment va mon perroquet ? demanda-t-il, espérant le récupérer. Le chasseur se contenta de sourire en se frottant l'estomac : " Oh, cela m'a fait un excellent repas ! "

Amma dit que si on enseigne le Védanta à quelqu'un qui n'est pas assez mûr pour comprendre, il utilisera simplement sa connaissance d'après son niveau de compréhension.

" Une mère allaite son enfant, elle ne lui donne pas de viande, dit Amma. De même, un tel enseignement devrait être partagé seulement avec ceux qui sont assez mûrs pour le recevoir. "

Amma dit aussi que dans le monde actuel beaucoup de gens vont répéter " Je suis Brahman, je suis Brahman ", mais ils n'en ont pas l'expérience. Amma dit que cette attitude est aussi stupide que de lécher un morceau de papier sur lequel serait inscrit le mot " miel " en s'attendant à en savourer le goût sucré. De même, elle dit : " L'image d'une vache ne mangera pas d'herbe ou ne nous donnera pas de lait. "

Dans notre monde actuel, il est très fréquent de rencontrer des gens qui interprètent mal le Védanta et qui - consciemment ou inconsciemment - en modifient la philosophie pour justifier leurs actes. Comme le dit souvent Amma, nous ne devrions pas laisser le Védanta confiné aux pages des livres. Nous avons besoin de vivre le Védanta, en laissant sa philosophie s'imprégner dans toutes nos actions.

Sakshi

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