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Création de groupes autosuffisants
Amritapuri, 10 Septembre 2005

Pour quiconque a suivi l'évolution du travail d'aide de l'ashram aux victimes du tsunami, il est clair que l'intention d'Amma n'est pas simplement de réparer ce qui a été cassé par le tsunami mais de régler des choses qui allaient de travers avant ce jour fatal. A travers la porte ouverte par le désastre, l'ashram s'est engouffré avec tout ce qu'il faut pour améliorer les habitations, les accès à l'éducation, à l'emploi et aux soins médicaux.

Cette vision d'Amma atteint sa pleine expression à travers un programme appelé Matru Gramam ou le village de Mère. Matru Gramam implique l'exécution d'un plan systématique pour rendre les petits villages du Kérala plus autosuffisants, en premier lieu par la mise en place de groupes d'entraide.

Le premier Matru Gramam est Allapad Panchayat, un regroupement de villages situés sur la péninsule du district de Kollam dans le Kérala, où se situe l'ashram d'Amritapuri. Matru Gramam ne se limitera pas aux environs immédiats de l'ashram, mais le programme s'étendra bientôt à l'ensemble des quatorze districts du Kérala.

"Nous voulons aider les villages à devenir autosuffisants" dit Swami Jnanamritananda, un des plus anciens disciples d'Amma, qui aide à la coordination du programme. "Tout d'abord nous faisons une enquête pour déterminer les besoins du village, puis en fonction de cela nous mettons au point un plan d'action, et à partir de là nous commençons à répondre en fonction des besoins du terrain mis en évidence en terme d'éducation et de formation professionnelle. Nous souhaitons que les villages soient capables de produire par eux-mêmes tous les principaux objets dont ils ont besoin plutôt que de dépendre de ressources extérieures. Quand les gens dépendent trop de ressources extérieures, ils ont à pâtir des grèves et autres évènements imprévisibles qui peuvent se produire".

Dans cette optique, les villages Matru Gramam produiront leurs propres légumes, vêtements, savons, sandales et autres produits nécessaires. Afin que les villages réalisent cela, l'ashram va les aider à mettre en place des groupes d'entraide.

"Les groupes d'entraide sont à vrai dire tout simplement des regroupements de familles" dit Swami Jnanamritananda. "Dans les villages Matru Gramam le but est que dans chaque famille il y ait au moins une personne qui gagne 100 Roupies par jour (environ 2,30 US Dollars), ce qui couvre les besoins de base de la famille. Cela peut-être atteint grâce aux groupes d'entraide".

En fonction de la taille du village, les groupes d'entraide comprendront 10 à 20 membres, une personne par famille. Quatre à Cinq de ces coopératives se rassembleront pour former un groupe. L'ashram dispensera la formation dans les domaines choisis par les groupes. Par exemple, deux des groupes d' Alapad Panchayat sont des groupes de cordonniers et de tailleurs. L'ashram aide également les villageois à ouvrir des comptes en banque de groupe ainsi qu'à gérer et conduire leur groupe.

La première réunion de Matru Gramam s'est tenue à Amritapuri début septembre. A Alappad, la majorité des hommes travaillent comme pêcheurs aussi les coopératives seront principalement composées de femmes. "Je suis venue avec l'espoir de gagner un revenu complémentaire pour permettre à mes deux enfants d'aller à l'école" dit Sebini, une jeune femme d'Alappad. "Mon mari est pêcheur, mais ses pêches quotidiennes sont imprévisibles et nous ne pouvons pas compter dessus pour vivre". Juste avant la réunion Sebini venait de terminer avec succès les cours de couture gratuits dispensés par l'ashram. L'ashram lui fournit, ainsi qu'aux autres femmes du groupe d'entraide, les machines à coudre nécessaires à leur travail. Cela sera le premier travail de Sebini.

Jayashri , 40 ans, assistait aussi à la réunion. Elle a suivi les cours de l'ashram sur la fabrication d'objets en cuir. "Mon mari est handicapé et ne peut pas travailler, dit-elle, j'ai deux filles à l'école, et quand le tsunami a frappé notre maison a été endommagée, des murs sont tombés, nous avons perdu la plupart de nos possessions".

En fait les groupes d'entraide ont déjà reçu des commandes dont certaines des services gouvernementaux.

Récemment les femmes travaillant dans les différents groupes d'entraide sont venues à Amma avec les premiers fruits de leur travail. Le groupe de tailleurs avec leurs serviettes, le groupe de cordonniers avec leurs sandales. Quand le groupe de cordonniers offrit ses articles à Amma, Amma sourit, encouragea les femmes puis mit une paire de sandales sur Ses épaules, une à droite une à gauche, pour montrer combien elle était fière de leurs réalisations.

Tulasi.

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