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Amma et ses amis ailés
1er septembre 2005 - Amritapuri

Amma avec un perroquetL'amour d'Amma s'écoule vers tous les êtres, et non seulement vers les êtres humains. Et si l'on observe les oiseaux qui vivent à Amritapuri et aux environs, on peut facilement s'apercevoir qu'eux aussi éprouvent de l'amour pour elle. Canards, aigles, chouettes, corbeaux et pigeons, chacun a sa relation particulière et unique avec Amma.
Ainsi, pendant des années, il y eut un canard aussi beau qu'inattendu, qui vivait sous sa chambre. Il s'asseyait là, sous sa fenêtre, comme s'il méditait, n'abandonnant jamais sa place, même pour une heure. Et si quelqu'un tentait de le chasser en se précipitant sur lui, il ne partait pas en se dandinant comme l'aurait fait un autre canard, il défendait son espace et faisait reculer l'intrus en poussant un féroce coin-coin. Mais il n'est qu'un exemple parmi d'autres.
Chaque matin, Amritapuri se réveille avec le chant d'une multitude d'oiseaux. D'abord, ce sont les coucous qui s'appellent du sommet d'un arbre à l'autre. Ils commencent passablement tôt, vers 3h30 du matin. Ils sont bientôt rejoints par les petites voix douces d'une myriade de tout petits oiseaux, dont beaucoup ont élu domicile dans le manguier, près de la fenêtre de la chambre d'Amma. Au moment où le soleil se lève, c'est le tour des chakoras (perdrix grecques), volant d'un arbre à l'autre, plusieurs couples de ces oiseaux, rouges brique, marrons et noirs, bavardent pendant une bonne heure. Puis c'est celui du merle, oiseau solitaire aux ailes rouges, considéré comme porte bonheur qui lance à la cantonade son profond " grook… grook… grook… ". Il est suivi par les corbeaux et leur "caw… caw… caw….". Certains résidents de l'ashram se plaisent à imaginer que tous ces oiseaux chantent pour Amma, lui demandant de les bénir en ce début de journée.
Chaque jour, vers 8h un pic-vert multicolore, avec sa queue en éventail de plumes, ose venir taper à la fenêtre d'Amma. Les ashramites le regardent étonnés et peut-être un peu envieux de la vue qu'il peut avoir ! Il frappe d'abord à la fenêtre qui est à l'Est, sautillant de-ci de-là, cherchant le meilleur perchoir puis, si sa demande de darshan n'a pas été satisfaite, il va jusqu'à la fenêtre située au Nord et recommence à frapper.

Tout au long de la journée, il est fréquent de voir mainates et pigeons venir pour recevoir le darshan d'Amma, traversant le hall de darshan, espérant peut-être un petit regard d'Amma. Assez souvent, les enfants de l'ashram lui apportent un bébé corbeau ou un bébé pigeon blessé pour qu'elle le bénisse et Amma ne manque jamais d'embrasser sur la tête le pauvre petit oiseau blessé. Pour eux, c'est un début de vie malheureux mais contrebalancé par un baiser d'Amma ! Comme beaucoup de dévots, leur drame est devenu leur bonne fortune. Et quand cela est possible, ces oiseaux blessés sont soignés avec amour jusqu'à leur complète guérison par les ashramites, qui les gardent dans leur chambre et qui les nourrissent au biberon pendant des semaines si c'est nécessaire.

La pièce d'eau aux lotus qui se trouve en face de la chambre d'Amma est le royaume d'un martin pêcheur aux ailes bleu vif, qui de temps à autre pousse son cri strident, demandant peut-être à Amma de lui envoyer un poisson car après tout, il a faim lui aussi et elle est tout autant sa mère.

Et que dire des aigles qui planent au-dessus des temples Brahmasthanam lorsqu'Amma les consacre ? D'un bout à l'autre de l'Inde, ces aigles viennent pour porter témoignage de l'installation de la prana-shakti (énergie de la divinité) au cœur du temple.

Durant les six derniers mois ou presque, on a pu voir très régulièrement dans l'ashram, un aigle, qui doit, sans doute, avoir un lien avec celui qui, il y a trente ans, avait laissé tomber sur les genoux d'Amma un poisson cru, alors qu'elle était dans une méditation profonde. Quelquefois, il se perche sur la balustrade du balcon directement derrière le temple, à quelques 3,50m seulement de l'endroit où Amma donne le darshan. Mais les trois quart du temps, on le trouve près de la cantine occidentale, plongeant sur les assiettes des dévots inattentifs pour leur chiper leur toast beurré.

Le soir, lorsqu'Amma vient pour les bhajans, l'aigle est souvent là aussi, se perchant au-dessus de la scène et volant en rase-mottes au-dessus de la foule. Une fois qu'Amma s'est installée sur son peetham, il survole plusieurs fois le hall comme s'il faisait des circumambulations et finalement entre sur la scène pour voler en cercle une fois de plus autour d'Amma elle-même.

Lors de la célébration de l'Amritavarsham50 pour l'anniversaire des cinquante ans d'Amma à Cochin, une petite chouette est venue s'installer juste au-dessus de sa chaise jusqu'à la fin de son darshan marathon qui dura 23 heures sans interruption. Bien qu'étant un oiseau de nuit, la chouette est restée près d'elle jusqu'à une heure avancée de la journée alors que le soleil était haut dans le ciel.

Il y a quelques années, un dévot donna à Amma la copie d'un documentaire à propos des oiseaux, montrant la façon incroyable dont ils migrent d'un bout à l'autre du monde. Sachant que ses enfants adoreraient le regarder avec elle, un soir Amma appela tous les ashramites dans le hall des bhajans dans ce but. C'était un moment exceptionnel d'être assis près d'Amma, et de la voir rire et s'émerveiller à la vue de ses amis ailés.

Les Upanishads et d'autres textes hindouistes enseignent que la Conscience Suprême s'écoule également en toute chose dans ce monde, qu'elle soit consciente ou inconsciente, plante, pierre, être humain ou animal.
L'étincelle divine au cœur de l'oiseau mouche est la même que celle qui se trouve en chacun de nous, comme elle est identique à celle qui se trouve à l'intérieur d'Amma elle-même. Mais pour nous qui sommes englués dans l'illusion de la maya, créée par notre ego, il est vraiment très facile de l'oublier, et d'ignorer la divinité de la pièce de théâtre qui se joue autour de nous. Mais où que nous allions, et plus particulièrement lorsque nous passons du temps à l'ashram d'Amma, nous devons lutter pour reconnaître cette étincelle divine dans toutes les créatures qui considèrent ce monde comme leur demeure, qu'elles vivent sur terre, dans la mer ou dans les airs.

-Tulasi

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