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| Les mots d'un enfant |
| 3 juillet 2005 - Dallas, Texas, USA |
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Amma a commencé son programme à Dallas ce matin. Ses enfants de Dallas et des environs attendaient le cur battant quand Amma est entrée dans la salle. Ils avaient attendu un an, et ce fut un moment poignant ; nombreux sont ceux qui versèrent des larmes en voyant Amma. C'est le maire de la cité, Joe Chow accompagné de sa fiancée, Che Che Chow qui a souhaité la bienvenue à Amma dans la ville de Dallas. Ils ont mis une guirlande au cou d'Amma, puis le maire, Mr Chow s'est adressé à la foule pour dire combien il était ému de se trouver en présence d'Amma. Il a dit également combien il apprécie les efforts remarquables qu'Amma fait pour venir en aide à l'humanité partout dans le monde. On en était arrivé à la moitié du darshan, quand un enfant de 7 ans et demi, Vajraang, en compagnie de sa famille, s'est avancé pour recevoir le darshan. Il était pourtant bien jeune et c'était la première fois qu'il voyait Amma, mais il est arrivé à converser longuement et ouvertement avec Amma. A bien des égards, c'est la conversation que chacun rêverait d'avoir avec Amma , et que tout disciple rêverait d'avoir avec son guru. Mais pour la plupart d'entre nous cela se révèle difficile, parce que nous n'avons pas l'innocence et la simplicité de notre enfance. Le manque de confiance en nous nous assaille et nous nous demandons souvent ce qu'en penseraient les autres s'ils nous entendaient parler de façon aussi enfantine avec Amma. Voici quelques extraits de cet échange qui a duré une heure. Après être passé dans les bras d'Amma, le jeune Vajraang a expliqué sa situation : "Amma, j'ai trois questions à te poser." Il pesait ses mots, mais s'exprimait avec fluidité en Malayalam, la langue maternelle d'Amma. Amma fit semblant d'être surprise et fronça les sourcils ; il lui a demandé : "Est-ce que je peux te poser mes questions maintenant ?" Amma lui a répondu oui de la tête. "Ma première question est : Est-ce que je peux m'asseoir sur tes genoux maintenant ?" Amma se mit à rire en le faisant grimper sur ses genoux. "Vas-y, pose les autres questions que tu as à poser." "Ma deuxième question est : Est-ce que je peux aller dans ton ashram pour devenir ton disciple ? Et ma troisième question est : Est-ce que tu veux bien me donner un mantra ?" Amma l'a serré très fort et s'est remise à rire. Ensuite, Elle s'est tournée vers les autres personnes, avec la fierté d'une mère, comme pour s'assurer que tout le monde avait entendu ce qu'il avait à dire. "Assieds-toi à côté de moi", Amma a parlé à la famille de Vajraang et ce dernier est resté installé à côté d'Amma pendant une heure. Amma : "Tu veux venir à l'ashram ? Qu'est-ce que tu feras là-bas ?" Vajraang : "Si je vais dans ton ashram, ce sera pour toujours. Je ne reviendrai pas. Est-ce que tu veux bien de moi comme disciple ?" Amma : "Mais c'est moi qui suis ton disciple !" Vajraang : "Oh, non ! Pas question de cela ! Veux-tu m'accepter comme disciple ?" Amma continua à étreindre les gens qui faisaient la queue pour recevoir le darshan et se tut pendant un moment. Le garçon se tourna vers le swami qui était debout à côté de lui. Vajraang : "Amma ne répond pas." Swami : "La question est de savoir si tu es prêt à accepter Amma comme Guru." Quelque temps plus tard, Amma se retourna vers lui. Amma : "As-tu mangé ?" Vajraang : "Non, je jeûne aujourd'hui parce que c'est Ekadasi." Dans le calendrier Hindou, on recommande de jeûner pendant Ekadasi (11ème jour du mois lunaire). Cela surprit à nouveau tout le monde parce qu'en général, on n'encourage pas les enfants à jeûner pendant leur croissance ; donc, s'ils jeûnent malgré tout, c'est de leur plein gré. Vajraang : "Je jeûne deux fois par semaine." Amma : "Non, non. Une fois par semaine, cela suffit. Quels sont tes plats préférés ?" Vajraang : "J'aime beaucoup de plats, mais ce que je préfère, c'est des Oothappam" (Une recette du sud de l'Inde qui se compose d'une crêpe salée avec des oignons par dessus.) Amma : "Si tu viens à l'ashram, tu n'auras rien d'autre à manger que la nourriture de l'ashram. Tu n'auras pas de bonnes choses comme des Oothappam à l'ashram. Alors, qu'est-ce que tu feras ?" Vajraang : "Eh bien, je mangerai la nourriture de l'ashram. Après tout, Amma, tout ce qui est servi là-bas, c'est ton prasad (offrande consacrée)." Amma : "Tes parents m'ont dit que tu jeûnes trop souvent. Mon fils, tu devrais aller manger maintenant." Vajraang : "Amma, est-ce que tu as mangé ?" Amma : "Non, en général, je ne mange pas le matin" Vajraang : "mais, Amma, si tu ne manges pas, moi non plus, je ne mangerai pas. Après tout le sishya (disciple) est censé suivre l'exemple du Guru." Très souvent Amma ne mange presque rien pendant plusieurs jours de suite. Pour tous ceux qui trouvent toujours cela dur de supporter le jeûne continuel d'Amma, cette joute verbale était amusante et tombait à propos. "Mais comment feras-tu si je jeûne pendant plusieurs jours comme cela m'arrive souvent ? Cela te paraîtra très difficile de t'y tenir." Vajraang : "J'ai l'habitude de jeûner. Mais sûrement que je ne pourrai pas te suivre." Amma : "Est-ce que tu conserveras ton innocence en grandissant ?" Amma dit souvent que les enfants ont l'innocence et la curiosité des débutants et que par conséquent, leur esprit est plus ouvert pour apprendre. Au fur et à mesure que les enfants deviennent adultes, l'ego individuel émerge et rétrécit leur esprit. C'est pourquoi Amma dit que l'un des premiers pas vers Dieu, c'est d'avoir tout le temps l'innocence d'un débutant. Vajraang : (spontanément) "Amma, si tu restes mon Guru, alors, comment est-ce que je ne ne la garderai pas ? Amma, tu n'as rien mangé, tu n'as pas faim ?" Amma : (en montrant du doigt les gens qui faisaient la queue pour le darshan) "Je mange de l'amour ; comment aurais-je faim ?" Vajraang : "Manger de l'amour ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Je ne comprends pas." Amma : "Même si quelqu'un te donne beaucoup à manger, s'il te le donne sans amour, est- ce que tu seras satisfait de ce que tu as mangé ?" Vajraang : "Qu'est-ce que tu veux dire par là ?" Amma : "Qu'est-ce qui se passe si quelqu'un te donne à manger sans amour et sans faire attention ? Même si ton estomac est rassasié, est-ce que ton cur sera rassasié ?" Vajraang : "Non." Amma : "Donc ce qui est important, c'est l'amour avec lequel on offre la nourriture. Sans cet amour, quoi que nous mangions, rien ne nous semblera suffisant. C'est comme l'histoire de Ganapati. Son appétit énorme a été comblé par une seule poignée de riz desséché. A ton avis, pourquoi est ce que son appétit énorme a été rassasié ?"**(lire l'histoire) Vajraang : (en réponse à la question d'Amma) "Parce qu'on lui avait donné cette nourriture avec amour ?" Amma : (en hochant la tête) "Aa...Haa !" Vajraang : (comme s'il venait tout juste d'en avoir l'idée) "Oh, alors ta nourriture c'est l'amour, c'est cela ?" Rayonnante, Amma approuve de la tête. En silence, Vajraang reste debout un moment à regarder Amma étreindre les gens les uns après les autres. Vajraang : "Amma, tu n'en as jamais assez de prendre les gens dans les bras encore et encore ?" Amma : "En avoir assez de prendre les gens dans les bras ? Dis-moi, est-ce que cela arrive que ta maman en ait assez de te prendre dans les bras ? Est-ce que le soleil en a assez de donner de la lumière ?" Quand on lui pose cette question, c'est souvent la réponse qu'Amma donne, et en général, Amma ajoute : "Est-ce que la rivière peut en avoir assez de couler ? Est-ce que le vent peut en avoir assez de souffler ?" Vajraang : "Est-ce que cela te fait mal
?" Vajraang : "Pourquoi est-ce que cela ne te fait pas mal ?" Amma : "Parce qu'ils viennent à moi le cur plein d'amour." La queue pour le darshan était alors terminée et Amma s'apprêtait à se lever. Vajraang : (sérieusement) "Je ferai tout le séva que tu voudras, Amma, mais emmène-moi à l'ashram avec toi. Il faut que j'y aille. S'il te plaît " Amma : (en se dirigeant à pied vers la porte) "On dirait qu'il va m'avaler !!" Amma dit souvent que pour un véritable disciple, le guru c'est le manger et le boire. Le disciple devrait être prêt à avaler le guru. Par là, Amma entend que le vrai disciple a un appétit insatiable pour la véritable connaissance. Seule, la présence et le soutien d'un guru peut apaiser cette faim. Pour un tel disciple, le guru représente à manger et à boire - les enseignements du guru sont prêts à être assimilés dans la vie de tous les jours. "Est-ce que c'est cela qu'Amma a voulu dire en s'en allant ? Est-ce que Vajraang est un vrai disciple ?" C'est ce que se demandent ceux qui ont entendu la conversation. Un jour, l'histoire nous le dira. ** Telle est l'histoire : Un jour le seigneur Siva, le père de Ganapati, le Dieu bienveillant de tous les commencements, demande à Ganapati de se rendre à une fête donnée par Kubera, le Dieu de l'abondance. Pour rabattre la superbe de Kubera qui s'enorgueillit de sa richesse, Ganapati mange tout à la fête, mais malgré tout, il a encore faim. Après avoir tout mangé, Ganapati finit par s'en prendre à Kubera et à la poursuivre. Ayant renoncé à son orgueil, Kubera se précipite chez le Seigneur Siva pour échapper à l'appétit féroce de Ganapati. Le Seigneur Siva donne à Ganapati une poignée de flocons de riz. Immédiatement, Ganapati se calme, rassasié. Ici, le Seigneur Siva représente l'amour divin, l'amour pur de tout désir matériel. La faim insatiable de Ganapati symbolise aussi le désir intense du disciple d'avoir une discipline en vue d'atteindre le vrai Jnana ou la pure connaissance, que seul un vrai Guru peut accorder. Les flocons de riz (déshydratés) que le Seigneur Siva donne à Son fils représentent un mental sans pensées et sans ego. Tout comme la graine desséchée ne germera pas, quand le mental est complètement détruit, il ne peut plus engendrer de pensées. Quand le mental est vide de pensées, c'est le non-mental. Par les organes des sens, le mental s'échappe vers les objets du monde extérieur, ce qui ensuite génère de nouvelles pensées et de nouveaux désirs dans le mental. C'est un cercle sans fin. C'est la destruction du mental grâce aux pratiques spirituelles qui stoppe complètement ce cycle. Dans cet état, on devient complètement établi dans un état de pure connaissance. |
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