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Si vous pouviez poser à Amma n'importe quelle question, que lui
demanderiez-vous ?
Pendant toutes les retraites avec Amma l'un des moments les plus forts
est l'heure des questions/réponses du deuxième après-midi.
Le sujet des questions varie du philosophique au pratique en passant par
le léger et l'innocent.
La première session de questions et réponses de cette année
qui s'est tenue dehors sur les pelouses d'un vert luxuriant du Pacific
Lutheran College où avait lieu la retraite du Nord-Ouest, fut l'occasion
de toutes sortes de questions, allant de "comment Amma maintient
le lien avec notre monde ordinaire" à "que faire pour
ceux qui souffrent non pas tant de la faim du corps que de celle de l'âme"
en passant par "quelle sorte de vie il pourrait y avoir dans les
"autres mondes" dont il est question dans la prière Lokah
(Puissent tous les êtres de tous les mondes être heureux)".
La toute dernière question du jour fut posée par un jeune
homme portant une casquette de base-ball avec un écusson en forme
d'éclair, introduisant sa question par une déclaration d'amour
: il avait rencontré Amma deux jours plus tôt et était
incontestablement amoureux. Les gens riaient en reconnaissant bien volontiers
leur propre expérience.
Puis
le jeune homme posa sa question. Il commença par lire à
voix haute ce qui était inscrit sur son bracelet d'identification
pour la retraite, une citation d'Amma :
"Emplis ton cur d'amour puis exprime
le dans tout ce que tu fais".
"Amma," dit-il, "je
désire sincèrement remplir mon cur d'amour. Mais je
ne sais pas comment."
Applaudissements et rires attristés : à nouveau beaucoup
de gens dans l'assemblée savaient exactement ce qu'il voulait dire,
et beaucoup parmi eux souhaitaient sincèrement comme lui connaître
la réponse d'Amma.
"Y a-t-il une manière simple de faire
cela : " demanda-t-il.
Ceux
qui regardaient le visage d'Amma pendant qu'il posait sa question ont
dû douter de son affirmation de ne pas connaître l'anglais
et de son insistance à faire appel à un traducteur, car
ses expressions montraient qu'elle le comprenait parfaitement. Néanmoins
elle attendit que Swamiji traduise, donnant à chacun l'opportunité
de se demander : comment puis-je remplir mon cur d'amour ? Y a-t-il
une manière simple ? Que va-t-elle dire ?
Sa réponse ne fut pas au niveau du faire mais au niveau de l'être.
En le regardant droit dans les yeux avec un sourire elle lui dit simplement
:
"Tu es amour".
Après une courte pause pour laisser cela s'intégrer, elle
poursuivit avec la traduction de Swamiji : "La
douceur de l'amour est déjà présente"
une nouvelle pause et elle continua "Mais
il y a un peu trop de sel. Nous ne pouvons pas faire l'expérience
de l'amour que nous avons déjà, à cause de ce sel.
C'est seulement en donnant l'amour que nous pouvons expérimenter
l'amour".
Ainsi
: l'amour n'est pas quelque chose qu'on peut aller chercher, prendre et
stocker dans nos curs jusqu'à ce qu'ils soient pleins. Non,
la plénitude du cur est un fait accompli, nous sommes amour.
Mais nous avons besoin de faire l'expérience de cette vérité
par nous-mêmes. Et comment faire cela : non pas en prenant mais
en donnant, en donnant de l'amour.
Cela semble tellement simple, mais c'est un tel renversement de nos croyances
ordinaires. Imaginez : ce que vous voulez vous l'avez déjà,
et pour l'obtenir vous devez le donner !
Cela dépasse le cerveau. Le fantastique outil : le cerveau ! L'intellect
! Un bel outil mais pas le seul, voilà ce que nous avons tendance
à oublier. "Si du sable blanc et du
sucre sont mélangés", dit Amma à propos
de l'efficacité limitée de l'intellect, "un
être humain intelligent est incapable de séparer le sucre
du sable. Mais une toute petite et insignifiante fourmi sans intellect
peut facilement isoler le sucre du mélange". L'objectif
d'Amma n'était pas de tourner l'intellect en dérision ni
de valoriser l'ignorance, le cerveau a son utilité : "Au
bureau. L'intellect au bureau", dit-elle, "à
la maison le cur".
Le problème avec l'intellect expliqua Amma, c'est qu'il fonctionne
comme les ciseaux, il sépare les choses. Le cur fonctionne
comme une aiguille, il réunit les choses séparées.
C'est cela que fait l'amour. "La douceur de
l'amour est déjà là en toi", dit Amma,
"mais trop d'interférence de l'intellect
nous empêche d'expérimenter pleinement cet amour".
Le questionneur et les gens assis, là, sur l'herbe en face d'Amma
avaient reçu une réponse simple et claire. Cela s'exprima
par un concert d'applaudissements spontané.
Il reste à passer de la compréhension à l'action.
Avec une contemplation et une pratique constantes, un jour cela aussi
deviendra simple.
Janani et Rachel Purcell.
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