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De Bénarès à Calcutta, du Kerala au Rajasthan, Amma
donne son Darshan. Ils sont des dizaines de milliers à défiler,
tout de blanc vêtus, pour recevoir son étreinte. Ils repartent
apaisés par cette femme, incarnation vivante de la mère
divine, considérée comme une sainte et qui a reçu,
en 2002, au Palais des nations à Genève, le prestigieux
prix Ghandi-King pour la paix et la non-violence.
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Le réalisateur français dresse
le portrait d'Amma, guru indien considéré comme une sainte,
qui, après une enfance difficile, assiste aujourd'hui des millions
de nécessiteux. (DR.) |
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Le film de Jan Kounen est troublant. Nos yeux d'Occidentaux voient immanquablement
dans la ferveur religieuse extrême qui entoure Amma se dresser le
spectre du gourou. "Nous nous méfions, à juste titre,
du culte de la personnalité. Les dérives peuvent être
énormes. Mais le mot est galvaudé. A l'origine, le guru,
en Inde, est un guide. Darshan est le portrait d'un maître spirituel."
Après Blueberry et d'Autres mondes, fruit de sa rencontre avec
le shamanisme shipibo d'Amazonie péruvienne, Jan Kounen explore
la tradition hindouiste. L'idée est née d'une rencontre
avec Amma à Paris, tandis qu'elle donnait le Darshan à la
Plaine-Saint-Denis à quelques 5 000 fidèles. Manuel de la
Roche, le producteur du film, qui fut lui-même moine bouddhiste
pendant trois ans, n'eut pas de mal à la convaincre d'accepter.
"Je connaissais peu de choses d'Amma avant le tournage, raconte
Jan Kounen. Le portrait s'est fait au fur et à mesure de l'avancement
du film. Je suis allé vers elle avec l'ouverture et la liberté
de rapporter ce que je ressentais de bon ou de mauvais. Darshan est comme
un voyage vers le mystère. Il témoigne de l'évolution
de mon regard sur elle. Une perception face à l'étrange,
d'abord. Puis un glissement progressif dans sa philosophie altruiste et
l'amour qu'elle distribue."
L'histoire de Mata Amritamandamayi est exemplaire dans ce pays qui conserve
un sens profond du sacré et offre une place d'honneur aux "grandes
âmes" (Mahatma). Née dans un petit village de pêcheurs
au Kerala, la petite Soudhamani, comme l'appelaient ses parents, connut
une existence parsemée d'épreuves. Considérée
comme folle parce qu'elle ne cessait de chanter et de danser, en invoquant
Krishna et embrassait le monde, elle fit face très tôt au
rejet, à la colère et à la violence de ceux qu'elle
inquiétait.
A neuf ans, sa mère malade, la fillette prit soin des dix membres
de sa famille, accomplissant toutes les tâches de la vie quotidienne.
Emplie de compassion, elle donnait aux pauvres la nourriture et les bijoux
de sa propre famille, ce qui plongeait ses parents dans la rage et l'incompréhension.
En trente ans, son ashram d'Amritapuri, bâti autour de sa maison
d'enfance, s'est largement étendu et comprend un temple, plusieurs
immeubles, deux tours de treize étages et une de dix-huit pour
héberger les fidèles. A la tête d'une importante ONG
humanitaire et caritative, elle assiste des millions de nécessiteux.
Elle a aujourd'hui réalisé l'équilibre entre vie
de prières et vie matérielle.
"Je ne suis pas un adepte d'Amma, affirme Jan Kounen, mais j'ai
pour elle un respect immense et une profonde gratitude car j'ai reçu
dans ce voyage quelque chose que je n'allais pas chercher, la vision d'une
autre dimension de l'existence. Ce film interroge sur nos croyances, les
met à l'épreuve et, loin de demander un choix, permet d'enrichir
notre perception du réel."
Darshan, de Jan Kounen (France), pas de date de sortie en salle annoncée.
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Indian connection in Cannes selection
Saibal Chatterjee
Cannes, 18 mai 2005
Le monde entier et sa famille étendue est maintenant conscient
qu'aucun film indien n'a été dans la sélection officielle
du festival de Cannes depuis maintenant deux ans, si on ne tient pas compte
de la projection spéciale de Mehboob Khan : Mother India en 2004
et de celui de Satyajit Ray : Pather Panchali ces derniers temps.
Aussi il est inévitable pour un amoureux du cinéma indien
de s'accrocher aux branches. Mais oh ! Merveille des merveilles, il y
a en fait un couple de branches soufflées par le vent de la Riviera
balnéaire cette année - 2 films dans la sélection
officielle qui sont liés à l'Inde.
L'un est le film sur Mata Amritanandamayi fait par Jan Kounen, 41 ans
directeur français né en hollande. L'autre est un film Sri
Lankais conduit par un réalisateur de 27 ans formé au "Film
and Television Institute of India" de Pune.
Le film de Kounen, Darshan, d'une durée de 100 minutes, est un
hommage au leader spirituel indien appelé très simplement
Amma par ses disciples. Elle est célèbre de par le monde,
mais le réalisateur basé à Paris l'a connue par hasard.
A la suite de deux films, - le western mystique blueberry (2003) et la
chronique documentaire Other Worlds (2004) - qui sortait de sa rencontre
avec les indiens Shipibo-Conibo de l'Amazonie péruvienne, Kounen
était "curieux de voir d'autres cultures découlant
des anciennes traditions".
Le producteur de Darshan, Manuel de la Roche, a passé une dizaine
d'années en Asie, dont deux dans l'habit d'un moine bouddhiste.
Kounen l'a contacté avec une proposition de documentaire sur un
monastère tibétain. Mais Roche avait d'autres idées.
Il avait rencontré Amma au cours d'un de ses courts séjours
à Paris en 2002 et a suggéré de faire un film à
propos de sa vie. Elle a accepté.
Quand Roche a appelé Kounen le jour suivant et lui a formellement
proposé ce documentaire, il a appris avec surprise que ce dernier,
lui aussi, avait attendu dans la queue du 'darshan' d'Amma. Le film s'est
mis en place sans contretemps, - comme s'il était destiné
à être fait.
Kounen dit: "Je suis allé vers elle l'esprit ouvert avec
le choix de ramener tout ce dont je ferais l'expérience que ce
soit positif ou négatif."
"Darshan retrace l'évolution de ma perception d'Amma : d'abord
à travers les yeux d'un occidental face à l'inconnu, puis
progressivement glissant vers le témoignage d'un amour débordant
et l'image vivante de la beauté". Il ajoute : "Amma m'a
aidé à voir une autre dimension de l'existence."
Darshan évite la pratique habituelle du documentaire qui conduit
des idées et des faits par l'intermédiaire d'une voix "off".
Au lieu de cela, il laisse Amma, son entourage et ses proches révéler
son monde intérieur par petits bouts. Kounen explique : "Le
film trace une ébauche autour d'elle pour permettre à chacun
de percevoir et faire l'expérience de ce qu'on ressent en sa compagnie
ou de juste regarder ses sessions d'accolades sans fin, une vraie forme
de communion."
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Salle comble pour le film sur Amritanandamayi à
Cannes
Cannes, le 20 mai. (UNI): Ce qu'aucun des films indiens n'arrivait à
faire à l'occasion du Festival International du Film de Cannes
cette année - être présent dans la sélection
officielle - un film sur l'Inde l'a fait.
"Darshan : L'etreinte", un film français, était
l'un des 15 films choisis dans la catégorie "Hors Compétition",
catégorie qui comprend des films considérés de haut-calibre
mais ne correspondant pas exactement aux critères de sélection
de la catégorie principale, " en Compétition ".
Ce film de 90 minutes est un documentaire sur la vie et les enseignements
de Mata Amritanandamayi. Il a été réalisé
par Jan Kounen, un Néerlandais basé à Paris, qui
fut le premier cinéaste étranger autorisé par Amma
à filmer ses activités.
Le film a été conçu quand Mata Amritanandamayi est
venue en France et que le producteur Manuel de la Roche s'est trouvé
sous le charme. L'équipe du film a commencé le tournage
en 2003 durant les célébrations de l'anniversaire d'Amma
à Cochin, puis l'ont accompagnée durant ses déplacements
dans plusieurs autres régions de l'Inde.
Malgré une projection tardive mercredi soir, la salle était
remplie d'un auditoire d'un millier de personnes, en majorité non
indiennes.
Mata Amritanandamayi avait envoyé l'un de ses principaux disciples
pour la représenter à cette occasion et pour y lire un message.
Le film n'est pas un grand show - en fait, c'est plus comme un film familial.
Mais comme dit le proverbe, la foi conquiert tout.
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