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Darshan, l'Etreinte - un film de Jan Kounen Retour à la page d'accueilMises à jourLiens favorisCalendrier
 
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Articles de Presse

Le Figaro

Présenté hors compétition, "Darshan" est un documentaire réalisé en Inde

Jan Kounen dans l'étreinte d'Amma

Sophie Latil
[19 mai 2005]

De Bénarès à Calcutta, du Kerala au Rajasthan, Amma donne son Darshan. Ils sont des dizaines de milliers à défiler, tout de blanc vêtus, pour recevoir son étreinte. Ils repartent apaisés par cette femme, incarnation vivante de la mère divine, considérée comme une sainte et qui a reçu, en 2002, au Palais des nations à Genève, le prestigieux prix Ghandi-King pour la paix et la non-violence.

Le réalisateur français dresse le portrait d'Amma, guru indien considéré comme une sainte, qui, après une enfance difficile, assiste aujourd'hui des millions de nécessiteux. (DR.)

Le film de Jan Kounen est troublant. Nos yeux d'Occidentaux voient immanquablement dans la ferveur religieuse extrême qui entoure Amma se dresser le spectre du gourou. "Nous nous méfions, à juste titre, du culte de la personnalité. Les dérives peuvent être énormes. Mais le mot est galvaudé. A l'origine, le guru, en Inde, est un guide. Darshan est le portrait d'un maître spirituel."

Après Blueberry et d'Autres mondes, fruit de sa rencontre avec le shamanisme shipibo d'Amazonie péruvienne, Jan Kounen explore la tradition hindouiste. L'idée est née d'une rencontre avec Amma à Paris, tandis qu'elle donnait le Darshan à la Plaine-Saint-Denis à quelques 5 000 fidèles. Manuel de la Roche, le producteur du film, qui fut lui-même moine bouddhiste pendant trois ans, n'eut pas de mal à la convaincre d'accepter.

"Je connaissais peu de choses d'Amma avant le tournage, raconte Jan Kounen. Le portrait s'est fait au fur et à mesure de l'avancement du film. Je suis allé vers elle avec l'ouverture et la liberté de rapporter ce que je ressentais de bon ou de mauvais. Darshan est comme un voyage vers le mystère. Il témoigne de l'évolution de mon regard sur elle. Une perception face à l'étrange, d'abord. Puis un glissement progressif dans sa philosophie altruiste et l'amour qu'elle distribue."

L'histoire de Mata Amritamandamayi est exemplaire dans ce pays qui conserve un sens profond du sacré et offre une place d'honneur aux "grandes âmes" (Mahatma). Née dans un petit village de pêcheurs au Kerala, la petite Soudhamani, comme l'appelaient ses parents, connut une existence parsemée d'épreuves. Considérée comme folle parce qu'elle ne cessait de chanter et de danser, en invoquant Krishna et embrassait le monde, elle fit face très tôt au rejet, à la colère et à la violence de ceux qu'elle inquiétait.

A neuf ans, sa mère malade, la fillette prit soin des dix membres de sa famille, accomplissant toutes les tâches de la vie quotidienne. Emplie de compassion, elle donnait aux pauvres la nourriture et les bijoux de sa propre famille, ce qui plongeait ses parents dans la rage et l'incompréhension.

En trente ans, son ashram d'Amritapuri, bâti autour de sa maison d'enfance, s'est largement étendu et comprend un temple, plusieurs immeubles, deux tours de treize étages et une de dix-huit pour héberger les fidèles. A la tête d'une importante ONG humanitaire et caritative, elle assiste des millions de nécessiteux. Elle a aujourd'hui réalisé l'équilibre entre vie de prières et vie matérielle.

"Je ne suis pas un adepte d'Amma, affirme Jan Kounen, mais j'ai pour elle un respect immense et une profonde gratitude car j'ai reçu dans ce voyage quelque chose que je n'allais pas chercher, la vision d'une autre dimension de l'existence. Ce film interroge sur nos croyances, les met à l'épreuve et, loin de demander un choix, permet d'enrichir notre perception du réel."

Darshan, de Jan Kounen (France), pas de date de sortie en salle annoncée.

HindustanTimes.com

Indian connection in Cannes selection

Saibal Chatterjee
Cannes, 18 mai 2005

Le monde entier et sa famille étendue est maintenant conscient qu'aucun film indien n'a été dans la sélection officielle du festival de Cannes depuis maintenant deux ans, si on ne tient pas compte de la projection spéciale de Mehboob Khan : Mother India en 2004 et de celui de Satyajit Ray : Pather Panchali ces derniers temps.

Aussi il est inévitable pour un amoureux du cinéma indien de s'accrocher aux branches. Mais oh ! Merveille des merveilles, il y a en fait un couple de branches soufflées par le vent de la Riviera balnéaire cette année - 2 films dans la sélection officielle qui sont liés à l'Inde.

L'un est le film sur Mata Amritanandamayi fait par Jan Kounen, 41 ans directeur français né en hollande. L'autre est un film Sri Lankais conduit par un réalisateur de 27 ans formé au "Film and Television Institute of India" de Pune.

Le film de Kounen, Darshan, d'une durée de 100 minutes, est un hommage au leader spirituel indien appelé très simplement Amma par ses disciples. Elle est célèbre de par le monde, mais le réalisateur basé à Paris l'a connue par hasard.

A la suite de deux films, - le western mystique blueberry (2003) et la chronique documentaire Other Worlds (2004) - qui sortait de sa rencontre avec les indiens Shipibo-Conibo de l'Amazonie péruvienne, Kounen était "curieux de voir d'autres cultures découlant des anciennes traditions".

Le producteur de Darshan, Manuel de la Roche, a passé une dizaine d'années en Asie, dont deux dans l'habit d'un moine bouddhiste. Kounen l'a contacté avec une proposition de documentaire sur un monastère tibétain. Mais Roche avait d'autres idées. Il avait rencontré Amma au cours d'un de ses courts séjours à Paris en 2002 et a suggéré de faire un film à propos de sa vie. Elle a accepté.

Quand Roche a appelé Kounen le jour suivant et lui a formellement proposé ce documentaire, il a appris avec surprise que ce dernier, lui aussi, avait attendu dans la queue du 'darshan' d'Amma. Le film s'est mis en place sans contretemps, - comme s'il était destiné à être fait.

Kounen dit: "Je suis allé vers elle l'esprit ouvert avec le choix de ramener tout ce dont je ferais l'expérience que ce soit positif ou négatif."

"Darshan retrace l'évolution de ma perception d'Amma : d'abord à travers les yeux d'un occidental face à l'inconnu, puis progressivement glissant vers le témoignage d'un amour débordant et l'image vivante de la beauté". Il ajoute : "Amma m'a aidé à voir une autre dimension de l'existence."

Darshan évite la pratique habituelle du documentaire qui conduit des idées et des faits par l'intermédiaire d'une voix "off". Au lieu de cela, il laisse Amma, son entourage et ses proches révéler son monde intérieur par petits bouts. Kounen explique : "Le film trace une ébauche autour d'elle pour permettre à chacun de percevoir et faire l'expérience de ce qu'on ressent en sa compagnie ou de juste regarder ses sessions d'accolades sans fin, une vraie forme de communion."

The Hindu

Salle comble pour le film sur Amritanandamayi à Cannes

Cannes, le 20 mai. (UNI): Ce qu'aucun des films indiens n'arrivait à faire à l'occasion du Festival International du Film de Cannes cette année - être présent dans la sélection officielle - un film sur l'Inde l'a fait.

"Darshan : L'etreinte", un film français, était l'un des 15 films choisis dans la catégorie "Hors Compétition", catégorie qui comprend des films considérés de haut-calibre mais ne correspondant pas exactement aux critères de sélection de la catégorie principale, " en Compétition ".

Ce film de 90 minutes est un documentaire sur la vie et les enseignements de Mata Amritanandamayi. Il a été réalisé par Jan Kounen, un Néerlandais basé à Paris, qui fut le premier cinéaste étranger autorisé par Amma à filmer ses activités.

Le film a été conçu quand Mata Amritanandamayi est venue en France et que le producteur Manuel de la Roche s'est trouvé sous le charme. L'équipe du film a commencé le tournage en 2003 durant les célébrations de l'anniversaire d'Amma à Cochin, puis l'ont accompagnée durant ses déplacements dans plusieurs autres régions de l'Inde.

Malgré une projection tardive mercredi soir, la salle était remplie d'un auditoire d'un millier de personnes, en majorité non indiennes.

Mata Amritanandamayi avait envoyé l'un de ses principaux disciples pour la représenter à cette occasion et pour y lire un message.

Le film n'est pas un grand show - en fait, c'est plus comme un film familial. Mais comme dit le proverbe, la foi conquiert tout.

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