| www.amma-france.org Mata Amritanandamayi - Maison Amrita | ||||
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| 26-30 décembre 2004 |
| Le 26 décembre était un dimanche, un jour
ou il était normalement prévu que 5000 veuves du district
d'Allapad, la zone côtière entourant Amritapuri, viennent collecter
les pensions que l'Ashram leur verse gratuitement tous les trimestres. Faisant
preuve d'une certaine intuition, Amma avait fait circuler l'information
selon laquelle la distribution de leurs pensions devrait être reportée
à la semaine suivante. Si Amma n'avait pas procédé
ainsi, les veuves auraient laissé leurs enfants seuls à la
maison pour venir collecter leurs pensions. Néanmoins, la distribution
de cette pension à d'autres personnes venant du district de Kollam,
situé à l'intérieur des terres, fût maintenue
ce jour-là comme prévu. Il y avait 17000 dévots dans
l'Ashram au matin du 26 décembre, dont 1000 étaient des étrangers,
1200 des résidents habituels de l'ashram, 3000 des familles de citadins
indiens en vacances, et 12000 des visiteurs qui étaient venus voir
Amma pour la journée. Amma était sortie à 10h comme
d'habitude, pour recevoir Ses enfants dans le temple de Kali. 4000 tickets
avaient déjà été distribués pour le darshan
du matin, et déjà environ 9000 pour celui du soir. L'ashram
grouillait de monde.
Les reportages aux informations du matin montraient que des vagues géantes avaient frappé Chennai et inondaient la ville. Amma était vraiment attristée d'entendre cette nouvelle. Puis, vers 11h30 quelqu'un entra et dit à Amma que le niveau de la mer était monté et que celle-ci commençait à se répandre sur les terrains de l'Ashram. Ceci n'a rien d'inhabituel en cette période de l'année. Pourtant, Amma fit immédiatement faire une annonce sur les haut-parleurs, demandant aux dévots de se diriger vers les étages supérieurs des bâtiments. La plupart de ses enfants allaient et venaient sur les terrains de l'Ashram, d'autres étaient dans les chambres, nombre d'entre eux regardaient une vidéo dans le grand hall des bhajans, situé en rez-de-chaussée, mais d'autres faisaient du séva en divers lieux. Amma dit alors aux brahmacharis de retirer tout ce qui se trouvait au rez-de-chaussée. L'annonce fût traduite en plusieurs langues. Elle demanda alors à ce que tous les véhicules garés dans la parking de l'Ashram soient retirés de la péninsule, la voiture d'un dévot avait été sensiblement déplacée lors de la montée des eaux. A ce moment là, la mer était très calme. En fait, elle s'était retirée de presque 15m, mettant à nu du sable blanc et brillant. C'était assez beau à voir et près de 300 dévots étaient maintenant au bord de la mer pour observer cette scène pittoresque. On les incita vivement à se retirer en lieu sûr. Puis, lentement, la mer commença à revenir. Quelques minutes plus tard quelques uns des villageois qui se tenaient sur la digue, se mirent à crier en indiquant quelque chose le long de la côte. Ils disaient aux gens de courir, que la mer se fracassait sur les rochers plus au sud. A 12h15 la mer montait en effet très vite. Elle atteint la digue et déborda. Puis de nouveau, elle se retira. Lorsqu'elle entendit ceci, Amma interrompit le darshan et se mit à donner des instructions. Elle voulait que tous Ses enfants rentrent, y compris ceux qui faisaient le guet sur le front de mer. Elle envoya quelques brahmacharis vers les maisons alentour afin d'évacuer les femmes et les enfants. On évacua ainsi une quarantaine de femmes et d'enfants, qui entrèrent dans le bâtiment des brahmacharinis en passant par notre sortie de secours. Le brahmachari responsable de l'électricité coupa rapidement le courant au niveau de notre disjoncteur principal. Il fit ensuite appeler l'office d'électricité municipal pour demander à couper le courant dans le village afin d'éviter des accidents électriques. Il était maintenant 12h30 et la mer s'éleva une troisième fois. Cette fois elle s'élança sur la plage et déborda par-dessus la digue avec beaucoup de violence. Elle ne vint pas sous la forme d'une vague, mais sous celle d'une marée gigantesque. L'eau s'engouffra sur toute la côte, pliant les troncs des jeunes cocotiers et semant le chaos sur son chemin. L'eau se fracassa sur notre bâtiment d'ayurvéda et poursuivit sa route comme un torrent. On aurait dit que des rapides pleins d'embruns blancs recouvraient le terrain et la route côtière entourant le bâtiment d'ayurvéda. Tout était sens dessus dessous. Les cases et les maisons étaient emportées. Les lignes électriques étaient à terre. De toutes parts, on entendait des hommes et des femmes crier. |
| AMMA PREND LES CHOSES EN MAIN |
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Pendant un bon quart d'heure on vit la mer se déchaîner et poursuivre furieusement sa route vers l'intérieur des terres. Puis, le courant commença à se calmer un peu. Maintenant, toutes nos chambres situées au niveau du sol étaient inondées. Amma se tenait sur le balcon du temple, drapée d'un châle jaune, criant à tous les dévots qui restaient encore debout dans l'eau de monter. Elle descendait l'escalier en spirale depuis le temple jusqu'à l'eau, profonde d'à peu près un mètre. C'était une vision proprement irréelle ! Un brahmachari tirait une petite barque vers l'escalier où se tenait Amma. Il voulait l'emmener en lieu sûr. Mais Elle ne partirait bien évidemment pas sans ses enfants. Puis Amma appela quelques villageois, leur demandant s'il était possible de rassembler quelques bateaux de plus, afin d'aider les gens à traverser la lagune. Quelques jeunes garçons du village acceptèrent. En quelques minutes, ils revinrent avec des bateaux supplémentaires. Amma s'avança alors dans l'eau vers l'embarcadère. Elle commença à se demander s'il était possible de faire traverser tout le monde en ce moment périlleux. L'eau était redescendue mais pouvait revenir à tout instant. Elle s'entretint avec les bateliers, les villageois et les plus anciens occupants de l'ashram. Elle fit ensuite tendre un cordon de sécurité depuis le temple jusqu'au quai. Ayant pris la décision d'évacuer tout le monde dans les terres de l'autre coté de la lagune, elle commença à envoyer des personnes vers notre hôpital et nos écoles d'informatique, d'ingénierie et d'ayurvéda du village. Tout d'abord, elle fit traverser les pensionnaires du district de Kollam qui étaient venues collecter leurs pensions. Puis ce fut au tour des villageois qui s'étaient réfugiés dans les bâtiments de l'ashram, ensuite celui des dévots, et enfin celui des habitants de l'ashram. Lors du départ de chacun des villageois, Amma leur demandait si tous les membres de leur famille étaient avec eux ou non, avant de les laisser traverser. Elle voulait que personne ne se perde ou reste isolé. Lorsque les étrangers passaient devant elle, elle leur demandait s'ils avaient ou non leurs passeports. La minutie avec laquelle Amma faisait attention à chaque détail était extraordinaire : il s'agissait vraiment de répondre à une situation de crise. La prochaine opération à effectuer était d'assurer la sécurité des éléphants et des vaches de l'ashram. Amma dit qu'ils seraient logés dans le temple principal. C'était vraiment cocasse de voir Ram et Lakshmi (noms des 2 éléphants) gravir les marches du temple, suivis par les vaches. Amma leur fit amener du foin par des brahmacharis. Même les chats et les chiens errants autour de l'ashram furent rassemblés et mis à l'abri. Bientôt, cela se mit à ressembler plus à un zoo qu'à un temple ! Quelques heures plus tard, les éléphants furent menés à pied de l'autre coté de la lagune, par le pont de la route côtière. Le soleil se couchait et Amma n'avait pas encore quitté l'ashram. Elle voulait s'assurer que tout les habitants du village était bien en sécurité dans les terres avant de partir. Le village d'Allapad, dont fait partie l'ashram ne fait que 50 à 100 mètres de largeur, puisqu'il se trouve sur une étroite péninsule entre le lagon (les " backwaters ") de Kayankullam, et la mer d'Arabie. Mais ce village est long de quatre kilomètres. Amma fit envoyer des bateaux vers les autres parties du village pour permettre à tout le monde de traverser. Cela lui tenait vraiment à cur. Il se faisait vraiment tard. On s'attendait à un autre raz-de-marée à n'importe quel moment. Amma évaluait ce que l'on pourrait transporter depuis l'ashram jusqu'au campus universitaire de l'autre coté des eaux et qui pourrait être utile aux évacués : de la nourriture, des nattes pour dormir et des vêtements. Elle se renseigna alors sur tout ce qui était disponible à l'université en termes de fournitures alimentaires et envoya des brahmacharis acheter tout ce dont on avait besoin. Deux camps furent installés dans nos universités pour les victimes et une aide d'urgence fut mise sur pied, consistant en une distribution de repas et un service médical.
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| AMMA TRAVERSE LES EAUX DE LA LAGUNE |
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Finalement, Amma se rendit compte que certains des disciples ne quitteraient pas l'ashram sans elle. Alors enfin, après minuit, Amma décida d'effectuer la traversée, avec la vingtaine de personnes qui étaient restées. Une fois arrivée de l'autre coté, elle continua à coordonner les secours. Elle fit une visite pour s'assurer que les repas étaient servis par l'ashram ainsi que par les camps de secours du gouvernement. On installa une cuisine temporaire près des bâtiments universitaires. Amma planifia les repas pour tous les camps qui le lui demandaient ; de l'uppama (un plat de semoule) pour le petit déjeuner, du riz et du curry pour le dîner, du kanji (une soupe de riz avec légumes) pour le souper. Très vite, la cuisine se mit à préparer plus de 1700 à 2000 kg de riz par jour, ainsi que 1000kg de semoule. Nous avons aussi effectué la distribution de 1500 litres de lait chaque jour. Amma chargea cinq brahmacharis de s'occuper de chacun des 12 camps d'urgence mis en place par le gouvernement. Elle assembla aussi des équipes de dévots pour les accompagner. Elle souhaitait que les camps d'urgence soient bien ravitaillés mais il lui importait beaucoup que pas un grain de riz ne soit gaspillé. Amma fit venir 7 ambulances de son hôpital AIMS, ainsi que des équipes médicales, dirigées par 10 médecins avec des aides-soignants et des infirmiers et infirmières de façon à fournir une assistance médicale immédiate pour les personnes évacuées. En deux jours, les médecins avaient déjà distribué l'équivalent de 400 000 roupies (près de 10 000 Euros) en médicaments et reçu plus de 1700 patients. Ils faisaient aussi des rondes pour que chaque camp puisse être visité toutes les deux heures. Parmi les personnes évacuées, il se trouvait des patients en cardiologie, des diabétiques et des personnes souffrant de haute tension artérielle. Environ 13000 personnes furent logées dans nos camps, parmi celles-ci des habitants de l'ashram, des dévots en visite et des villageois. Tous partageaient le même toit, la même nourriture et les mêmes équipements. La plupart des personnes en visite rentèrent chez elle le lendemain. |
| LE JOUR D'APRES |
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Le jour se leva et Amma n'avait toujours pas mangé, ni dormi. A un moment ou on lui tendait un verre d'eau, elle répondit : " Comment puis-je boire quand tant de personnes ont perdu la vie ? " Vers 9h, Amma visita les deux camps installés par l'ashram. Là, elle passait et demandait aux gens comment ils allaient. Lorsqu'elle voyait quelqu'un avec une blessure, une plaie ou un bandage, elle lui demandait ce qui s'était passé, si il ou elle avait mal, si il ou elle avait des médicaments, si tous ses proches avaient été retrouvés, si ses voisins allaient bien La quantité de détails dont s'enquerrait Amma était à proprement parler inimaginable. Ensuite, elle se rendit à l'université d'Ayurvéda ou tous les blessés et les malades étaient logés. Nombre d'entre eux souffraient de blessures légères, de maladies et d'état de choc psychologique. |
| CREMATION EN MASSE A AZHIKKAL |
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Le 28 décembre, deux jours après le tsunami, une crémation en masse fut organisée dans le village d'Azhikkal, à seulement deux kilomètres au nord de l'ashram. Les résidents de l'ashram aidèrent à chaque phase : à construire les bûchers, à servir à boire et à manger aux familles des victimes, à transporter ces mêmes familles sur les lieux, à consoler ceux-là qui avaient perdu des êtres chers, et les assister dans les rites funéraires. Nous avons utilisé quatre de nos ambulances pour le transport des corps de la morgue au lieu de crémation. Des brahmacharis et brahmacharinis de l'ashram psalmodièrent le huitième chapitre de la Bhagavad-Gita. C'était d'une grande solennité. Les gens étaient à la fois choqués et remplis de douleur. La vision d'une quarante de corps incinérés en même temps était d'une tristesse peu commune. Mais rien ne peut se comparer à celle de cinq mères se précipitant pour reconnaître le corps d'un petit enfant, chacune pensant que c'est le sien. Au moment ou on allumait les bûchers, Amma tint une séance de prière collective sur le campus universitaire, avec tous ses enfants assis autour d'elle. Elle demanda à chacun de prier pour la paix, celle des morts et celle des vivants. Elle chanta le mantra de paix : Om Lokaah Samastaah Sukhino Bhavantu C'est la même prière qu'Amma avait chanté à deux reprises, la semaine précédant le désastre. Chacune des fois, elle avait terminé la prière en larmes. Lorsque elle eût fini de chanter, Amma se leva et retourna à l'ashram. |
| LE GRAND NETTOYAGE |
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Au matin du 29, les habitants de l'ashram étaient déjà en train de faire le ménage. Tout était en désordre : de l'eau et de la boue dans les chambres situées en rez-de-chaussée ; les livres, CD et cassettes de la librairie, les papiers de l'imprimerie étaient éparpillés partout. Des assiettes métalliques, des chaises, des tables et des marmites se trouvaient ça et là Tout devait être inventorié et nettoyé. Le soir, Amma vint voir les lieux. En quel état se trouvait l'ashram
? Les conditions sanitaires permettaient-elles de faire revenir les évacués
sans risque ? Amma devait prendre tout ceci en compte avant de prendre
une décision. Plus tard cette nuit-là, Amma vit que les
brahmacharinis avait installé des machines à coudre dans
le temple principal et s'affairaient à coudre des jupons pour les
villageoises. Amma se joint à elles, passant une heure à
coudre une jupe elle-même. |
| ET L'AVENIR ? |
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Amma se sent très concernée par l'avenir des villageois. Bientôt les vacances de Noël seront terminées, les cours devront reprendre dans les écoles publiques. Où iront ces gens, se demande Amma ? Et qu'en est il de leurs vêtements, de leurs ustensiles de cuisine, des livres d'école pour les enfants ? Amma s'entretient de ces questions avec diverses instances et s'informe sur tout ce qu'il est nécessaire de savoir avant de prendre des décisions. Elle s'inquiète du risque de maladies, d'épidémies qui pourraient se produire. Amma s'entretient de ces choses avec des médecins de l'hôpital AIMS. Elle dit qu'elle aimerait aussi qu'une étude soit menée pour évaluer si un autre séisme de ce type pourrait se produire à nouveau. Comment les maisons pourraient elles être construites de façon à supporter des forces naturelles de cette ampleur ? Amma a également lancé des programmes similaires dans d'autres grandes villes comme Chennai (Madras), Pondichéry, Velankanni, Trivandrum et Vypin, envoyant des équipes de médecins, distribuant nourriture, vêtements et articles sanitaires. Des camions et bennes de l'ashram participent au déblayage des débris. L'ashram fournit du carburant, non seulement à nos propres tractopelles, mais aussi à ceux d'autres organisations. Récemment au camp de secours, Amma dit : " la situation du village est si triste : Ces personnes ont perdu leurs maisons, leurs outils ; maintenant leurs enfants n'ont plus ni vêtements, ni livres d'école. Le simple fait de déblayer leurs maisons détruites est difficile. Il coûtera presque autant de retirer les débris de leurs maisons en ruine, que d'en construire de nouvelles. C'est la première fois en 52 ans qu'Amma voit l'eau recouvrir la terre ainsi. Nous devrions prier pour la paix de tous. Prions pour que les gens soient libérés de leur peine. Prions pour la paix. " Ces derniers jours, Amma et les habitants de l'ashram ont travaillé sans répit. Même si l'on se promène autour du camp à trois heures du matin, on voit des gens couper des légumes, faire cuire du riz ; des médecins revenir de leurs rondes ; des brahmacharinis trier des donations de vêtements. Il est important de garder à l'esprit le fait que l'ashram fût aussi touché par cette tragédie, que ses résidents furent aussi des personnes évacuées. L'eau a détruit de nombreux ordinateurs de l'ashram, ainsi que le système d'alimentation sans coupure. L'imprimerie, le papier, les livres et les documents stockés au niveau du sol sont tous perdus. Mais au milieu de tout le chagrin et du choc causé par le Tsunami, la présence d'Amma a inspiré ceux qui résidaient à l'ashram, les aidant à oublier leurs soucis personnels et à les rendre prêts à aider autrui. N'est ce pas là précisément le but ultime de la spiritualité ? Lokaah Samastaah Sukhino Bhavantu |
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Mata Amritanandamayi - Maison Amrita |
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