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Un Satsang sur le bord de la route Retour à la page d'accueilMises à jourLiens favorisCalendrier
 
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17 janvier 2004 - De Sivaganga à Chennai

Il était 9h, hier matin, lorsqu'Amma quitta l'estrade à Rameshwaram. Après un bref arrêt chez un de ses dévots et une visite au temple sacré de Rameswaram, elle partit immédiatement pour l'étape suivante de son voyage, direction Chennai (Madras) !

Comme il s'agissait d'un long voyage -350 km- une halte était prévue à mi-chemin dans la petite ville de Savaganga. Là un dévot accueillit Amma et ceux qui l'accompagnaient. Reposés et amoureusement nourris (vraiment très bien ! !) par les dévots d'Amma de la ville, nous sommes repartis ragaillardis à l'aube du jour suivant.

Les arrêts occasionnels sur le bord de la route où elle sert à déjeuner à chacun et donne un satsang sont parmi les caractéristiques les plus appréciées d'une tournée avec Amma. C'est exceptionnellement intime, car il n'y a que quelques centaines de dévots et de résidents de l'ashram. Autour d'Amma, ces arrêts en petit groupe, en toute intimité, sont toujours mémorables.

Aujourd'hui, on a trouvé un lieu agréable et ombragé sous un arbre rempli de singes. L'une des premières actions d'Amma fut de parler avec ces étranges créatures, qui, à n'en pas douter, se demandaient quel était tout ce remue-ménage.
" Namah Shivaya " dit-elle à l'un d'eux, qui nous regardait de son perchoir. Il répondit soit en offrant namaskaram (salutation mains jointes) soit en se grattant le nez… difficile à dire.

Puis Amma offrit à chacun un déjeuner de ses mains. Ceux qui apportent leurs propres tiffins (les boites métalliques, genre gamelles pour le repas en voyage) notent leur nom de chaque côté, de façon à ce qu'Amma puisse le lire lorsqu'ils viennent chercher leur prasad.

Parfois certains oublient de le faire et à la place de leur nom, il y a une étiquette ou une marque de fabrique, ou rien du tout. Ainsi, comme aujourd'hui, Amma appela " Ne rien coller, Ne rien coller ? " ou " Sagar vaisselle " ou pour les ustensiles anonymes " Personne ! Viens chercher ton repas Personne ! " C'est toujours très drôle et Amma en tire un très bel effet. Son rire innocent et libre est contagieux et secoue toute l'assemblée.

Après notre repas, Amma nous demanda d'expliquer les causes des souffrances du monde, et le moyen d'en sortir. Une personne dit que nous souffrons de nos désirs et de nos attentes. Quand ils ne sont pas comblés, dit-il, nous faisons l'expérience de la tristesse et de la colère, et nous en perdons notre joie et la paix de l'esprit. Une autre personne ajouta que du fait de nos attentes, nous créons une séparation entre nous et Dieu. C'est ce sentiment de séparation qui est la véritable cause de notre souffrance et la seule façon de la dépasser est de nous souvenir de notre unité avec le Divin. Quand il n'y a Unité, il ne peut y avoir ni désirs ni attentes, et donc aucune souffrance.

Une jeune femme dit avec beaucoup de douceur que les enfants d'Amma sont toujours si impatients de la servir, et que c'est si agréable… mais Amma veut que nous la voyions en chacun, et que nous aimions et servions tous les êtres avec ce même enthousiasme et cette même humilité, ce qui est parfois difficile et elle implora Amma de lui donner la force de le faire encore mieux.

Un occidental dit à Amma que pour lui beaucoup d'occidentaux ont le cœur fermé, ajoutant qu'il lui semblait ne plus y avoir d'innocence là-bas. Amma lui répondit que cela n'était pas juste. " Les enfants occidentaux d'Amma sont innocents mais cette innocence est actuellement recouverte par des cicatrices émotionnelles. La structure familiale à l'Ouest est différente de celle existant en Inde et beaucoup en Occident ont été élevés par un beau-père ou une belle-mère suite au divorce de leurs parents biologiques quand ils étaient encore jeunes. Cela a créé des problèmes car on ne peut recevoir le même amour de la part de beaux-parents. Aussi beaucoup n'ont jamais connu cet amour parental ".

Un petit groupe de villageois très pauvres qui habitaient près de là vinrent, poussés par la curiosité et remplirent soudain l'espace. Amma veilla à ce qu'ils reçoivent un repas et alors qu'elle regagnait sa voiture, donna un prasad à chacun et demanda des nouvelles de leur situation. Puis, avec une incroyable efficacité, le lieu retrouva son état originel. Tout le matériel fut rapidement embarqué sans laisser le moindre détritus ou quelque autre évidence de notre passage, nos traces de pas dans la poussière exceptées. Un air paisible et la rumeur des singes restèrent seuls pour parler de notre visite. Amma et le groupe fut vite en route pour être à Chennai à la tombée de la nuit.

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