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Les rêves deviennent réalité
En route vers Hyderabad

Après un long voyage dans les plaines torrides, nous nous sommes arrêtés pour le " chai " dans la fraîcheur du crépuscule dans la cour calme d'un temple au bord de la route. Le soleil couchant dessinait sur un ciel éclatant de lumière la silhouette sombre du nuage qui le cachait.

Amma s'assit au milieu de ses enfants, face au bassin du temple. Bientôt, elle s'exclama : " Regarde, Sandhya ! " en montrant le ciel tout empourpré par le crépuscule à l'ouest. L'un de ses enfants attira son attention sur la pleine lune qui se levait à l'est. Puis ce fut l'heure du satsang, mené autour de la question d'Amma : " Comment peut-on se concentrer sur Dieu, même au milieu du bruit et de l'agitation ? ". Cette question était en relation avec le commentaire de certains, comme quoi ils trouvaient difficile de méditer pendant les festivals des temples Brahmasthanam d'Amma, où il y a tant de monde partout. L'un dit qu'il essayait de voir Amma en chaque chose et en chaque être, et que cela l'aidait en l'absence de méditation classique. Un autre expliqua qu'il essayait de ressentir la présence d'Amma à l'intérieur pendant qu'il accomplissait son seva. Puis Amma donna sa propre réponse, basée sur la réponse d'autres personnes encore : Elle dit que les vibrations pendant les festivals des Brahmasthanam sont chargées d'énergie spirituelle. Cette énergie est générée par les archanas (Lalita Sahasranama) qui sont récités par des centaines de personnes chaque jour, et par les prières intenses des dévots. Ainsi, expliqua-t-elle, le simple fait de respirer lors de ces festivals est très bénéfique. Elle dit aussi qu'accomplir un seva élève énormément l'âme, même si l'on ne le ressent pas ainsi. Puis, elle insista sur la nécessité pour l'aspirant spirituel d'exercer son discernement en chaque pensée, en chaque mot prononcé et en chaque action. Après le satsang, Amma chanta des bhajans en Telugu, la langue parlée en Andhra Pradesh.
Partout où Elle va, Amma se rapproche des populations locales de plusieurs façons, comme par exemple en chantant des bhajans dans leur langue. Les gens répondent à Amma à leur manière eux aussi : A Hyderabad, des dévots lui ont offert des bracelets en verre coloré. On les vit étinceler autour de ses poignets sombres pendant qu'elle prenait ses enfants dans ses bras. C'est une grande fête qui s'est déroulée très tard dans la nuit dans le temple pittoresque sur la colline, pendant les deux soirées d'Amma à Hyderabad
A cinq heures de route au nord-ouest d'Hyderabad, un autre rêve s'est réalisé : passer une soirée avec Amma au bord de la Godavari ! Ce nom est très évocateur. : il désigne cette rivière sacrée dans les textes anciens des Ecritures.
La rivière coulait entre ses berges herbeuses, près d'un énorme pont. La forêt sur l'autre rive semblait abriter des grues et d'autres oiseaux par centaines. Les enfants d'Amma, ayant tous une couleur de peau différente mais tous vêtus de blanc, étaient assis autour de son fauteuil sous un ciel clair, illuminé par les lueurs du soleil couchant. Alors que le crépuscule nous enveloppait, Amma arriva au milieu de nous telle la pleine lune.
Dès qu'elle s'assit, le satsang commença : " Quelles qualités sont nécessaires pour développer la dévotion ? Sont-elles suffisantes pour atteindre le but ? " Elle voulait que ses enfants répondent. Les brahmacharis et les brahmacharinis répondirent. L'un exposa les six qualités nécessaires : shama (le contrôle du mental); dama (le contrôle des organes des sens); titiksha (le fait d'endurer toutes les peines et toutes les souffrances sans se plaindre); uparathi (le retrait); shraddha (la foi dans les écritures et dans les paroles du Guru et la diligence dans la pensée, la parole et l'action); et samadhan (l'équanimité d'esprit). Un autre les replaça dans un contexte plus large: un sadhak a besoin de viveka (discernement); de vairagya (détachement); des six qualités mentionnées précédemment et de mumukshutwa (désir intense de libération). Un autre encore présenta une vision non védantique, se concentrant sur l'importance de l'amour pour le Guru et pour Dieu. Tous mentionnèrent l'importance de l'obéissance au Maître en tant que condition absolue à toute forme de sadhana. " Les paroles du Guru sont l'ultime vérité ", dit l'un d'eux. " Les paroles du Guru sont les écritures. "
Amma résuma toutes ces réponses en expliquant que l'amour est la première condition. Si l'on a de l'amour pour Dieu ou pour son Guru, toutes ces qualités suivront. Sans l'amour, aucune de ces qualités ne peut être cultivée. Afin de cultiver ces qualités, on ne devrait jamais perdre de vue le discernement, qui provient d'une attitude d'abandon au Bien-aimé. Amma parla aussi de la nécessité de contrôler les sens, et particulièrement la langue, aussi bien lorsqu'on parle sans raison que lorsqu'on mange de la nourriture savoureuse. Une certaine retenue à l'égard de la langue aiderait certainement à progresser spirituellement.
Puis Amma demanda à ses enfants de raconter des histoires drôles. Comme elle l'a souvent dit, elle veut toujours voir les visages de ses enfants souriants et pleins de joie.

Amma ne faisait absolument pas attention au nuage d'insectes qui l'entourait. Mais comment aurait-elle pu être incommodée, elle pour qui tout ce qui existe n'est rien d'autre qu'elle-même ? Puis ce fut l'heure de chanter les bhajans. L'un d'entre eux exprimait le chagrin des gopis lorsque Krishna quitta Vrindavan pour Mathura. Amma fit traduire le bhajan en anglais par un brahmachari avant de chanter. Ses enfants venus du monde entier purent donc partager la mélodie et son ambiance.
Sous le ciel criblé d'étoiles, avec son bijoux de nez plus brillant qu'une étoile, ses yeux qui surpassaient l'éclat du diamant et son teint sombre qui se confondait lentement avec l'air du crépuscule, avions-nous une seule raison de fermer les yeux pour méditer sur Kali la Mère?
Amma marcha devant nous pour rejoindre les bus sur la route principale. Des vers luisants ponctuaient le chemin. Amma resta au carrefour avec la route goudronnée jusqu'à ce que le dernier de ses enfants soit arrivé.
Puis Amma resta sur le marchepied de son camping-car. Elle prit une lampe et la pointa vers nous. Ses yeux rayonnaient d'amour. Puis elle nous dit de rejoindre nos bus. Mais aucun d'entre nous ne fit un mouvement, nous étions tous comme captivés par son charme. C'est seulement après qu'Amma fut rentrée dans le véhicule et eut fermé la porte que nous nous dirigeâmes vers nos bus.
Une fois de plus, le convoi de véhicules de l'ashram reprit la route. La lune brillante au-dessus de nous sembla nous accompagner jusqu'à Nagpur, où Amma a eu l'honneur d'être reçue en tant qu'invitée officielle de l'état du Maharastra.
Par Sandhya

Une promenade inoubliable
19 février 2003
Entre Hyderabad et Nagpur, le groupe de ceux qui suivent Amma sur le tour du Nord de l'Inde s'arrêta sur les rives de la Godavari, à environ deux kilomètres de la route principale. La Godavari est considérée comme l'une des sept rivières sacrées de l'Inde. Le groupe attendit patiemment qu'Amma nous rejoigne ; certains sautaient d'un rocher à l'autre dans la rivière, d'autres méditaient sur le soleil couchant pendant que d'autres encore s'émerveillaient au passage d'un troupeau de buffles. Quand Amma arriva, tout le monde se rassembla autour de son fauteuil, impatient de passer un moment avec sa Mère.
Pendant que le soleil disparaissait derrière l'horizon, Amma demanda à ses enfants de parler des qualités nécessaires pour être un dévot du Seigneur, et pour les aspirants spirituels en général. Puis, elle développa sur la nécessité de contrôler sa nourriture, son sommeil, sur l'importance du seva et de la récitation des noms de la Mère Divine. Après le satsang, elle chanta deux nouveaux bhajans et demanda à ses enfants de raconter des histoires drôles avant de rejoindre la route. Mais ce récit ne rend pas justice à la magie de cette soirée : il y eut également autour d'Amma quelques magnifiques illustrations des vérités expliquées pendant le satsang.

Lorsqu' Amma s'assit parmi nous, il faisait déjà presque nuit. Plusieurs d'entre nous se dévouèrent pour tenir des lampes chacun à son tour afin que tout le monde puisse voir Amma sous les étoiles. Mais comme des papillons de nuit attirés par la lumière, tous les insectes de la campagne alentours se précipitèrent autour des lampes, un peu comme nous, papillons de nuit sur deux pattes, sommes attirés par la Lumière que représente Amma. Tous ceux qui tenaient une lampe, et tous ceux qui se trouvaient dans un rayon d'un mètre de cette personne se trouvèrent couverts d'insectes des pieds à la tête!

Pendant qu'Amma et Ses enfants discutaient, parmi bien d'autres sujets, de l'importance du détachement, un brahmachari resta plus d'une heure avec une lampe dans chaque main, ignorant complètement l'essaim d'insectes autour de lui. Mais une telle opportunité : d'être à la fois celui qui éclaire le visage du Guru, qui éloigne les insectes de notre Amma bien-aimée, et qui pratique le détachement dans ces circonstances difficiles, ne peut être qu'un cadeau de Dieu.
Ensuite, juste après qu'Amma et ses enfants eurent discuté de l'importance du contrôle de la nourriture, et du discernement entre le réel et l'irréel, entre le permanent et l'impermanent, Amma encouragea tout le monde à aller prendre du chai. Mais prendre du chai signifiait s'éloigner d'Amma pendant qu'elle chantait de nouveaux bhajans, un moment rare et intime avec le Maître. Que faire ? La journée de voyage avait été bien longue et une tasse de chai chaud dans l'air frais de la nuit était bien tentante. Mais et la chaleur d'Amma ? Et la Douceur éternelle qui se trouvait au milieu de nous ? Certains allèrent chercher du chai puis revinrent. D'autres restèrent près d'Amma sans hésitation apparente. D'autres, comme moi, ratèrent complètement l'examen : ils restèrent près d'Amma tout en pensant au chai !
Une autre leçon encore (une parmi bien d'autre…Ce sont les trois que j'ai comprises) nous fut enseignée avant de reprendre la route. Quand Amma se leva, tout le monde se rassembla près de la voiture, espérant un sourire, une caresse, un dernier regard. Mais au lieu de monter en voiture, Amma insista pour marcher jusqu'à la route principale. Les deux kilomètres. Certains essayèrent de la persuader d'y renoncer, mais Amma avait apparemment décidé de faire cette marche. Tout en marchant, Amma demandait comment dire certains mots en Anglais, comme par exemple " pierres " ou " épines " et elle mettait ses enfants en garde quand elle identifiait un obstacle le long du chemin : " Mes enfants, faites très attention ! Pierres ! Epines ! ". A un endroit particulièrement difficile, elle prit une lampe à quelqu'un qui lui éclairait le chemin et la tint très haut, illuminant le chemin. Elle demanda à ses enfant de passer devant, et elle resta derrière jusqu'à ce que le dernier enfant l'ait rejointe.
Une fois qu'Amma fut montée dans son camping-car en haut de la pente, je compris que cette promenade était une merveilleuse illustration de la manière dont Amma conduit tous ses enfants sur le chemin spirituel. Elle nous avertit quand des obstacles surgissent, illumine le chemin et adoucit le voyage par sa seule présence.

Par Vinay

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